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Solidarité nationale pour les Antilles

L'aide aux victimes : zoom sur l'action de France Victimes

07/09/2017

En Guadeloupe, « le Pôle Caraïbes » : une action coordonnée et efficace

Raconter son histoire et mettre des mots sur le traumatisme vécu permet de remettre de l’humain dans une trajectoire individuelle qui vient de se fracturer avec une rare violence. En déposant leur fardeau, en recevant des réponses à leurs questions, c’est tout simplement l’espoir qui ressurgit dans les perspectives des personnes sinistrées. C’est ce rôle essentiel et précieux que jouent les professionnels du réseau France Victimes dans le contexte d’urgence post-Irma.

Dès l'aéroport, l'accueil des réfugiés

Dès leur arrivée à Pointe-à-Pitre, les évacués de Saint-Martin sont pris en charge par le dispositif « Pôle Caraïbes ». Situé dans un immense hangar, plusieurs stands sont disposés afin de proposer un accueil globalisé aux sinistrés.

En première ligne de ce dispositif, le réseau France Victimes se charge d’accueillir les passagers, d’établir un premier diagnostic et d’accompagner chaque victime auprès des différents acteurs en fonction de leurs situations spécifiques.

Des stands proposent une diversité de services, en phase avec les besoins de première urgence.

Le stand de la préfecture recense les victimes et répond à leurs problématiques administratives. C’est également là que s’organise les rapatriements vers la métropole ou la Martinique. L’ensemble des personnes souhaitant rejoindre le territoire français est rapatrié vers Paris où sont ensuite organisés des transferts vers les autres villes métropolitaines via le réseau SNCF.

Tout proche, le stand du conseil départemental se consacre quant à lui plus particulièrement à l’accueil des mineurs isolés pour assurer leur recensement et valider leurs conditions de transfert vers la métropole.

France Victimes en première ligne pour diagnostiquer les situations et les référer vers les services compétents.

Des lieux pour s'occuper des enfants 

La Protection Maternelle et Infantile (PMI) assure un accueil dédié aux enfants. Dans un espace agencé spécialement, décoré, des jeux et des lits sont à disposition des enfants. Le stand assure un service de garde d’enfant pour permettre aux parents d’effectuer leurs démarches, le temps nécessaire.

En parallèle, l’Education nationale assure un recensement de tous les enfants déplacés qui arrivent en Guadeloupe en vue d’organiser leur rescolarisation le plus vite possible. En lien avec l’ensemble des rectorats nationaux, un document est remis aux familles pour faciliter l’inscription de leur enfant au sein des établissements scolaires des villes de destination. Environ 400 enfants ont été recensés par le stand dédié Pôle Caraïbes. Une prise en charge des personnels de l’Education nationale est également prévue : accueil dédié, possibilité d’hébergement centralisé, débriefing psychologique si besoin...

L'hébergement, un élan de solidarité

Plus loin, un grand stand consacré au logement des personnes sinistrées se charge de centraliser l’ensemble des propositions de logement et des demandes d’hébergement d’urgence. De nombreux habitants de la Guadeloupe se sont spontanément présentés pour proposer d’accueillir des victimes de l’ouragan, n’hésitant pas à installer plusieurs couchages dans leurs chambres inoccupées et parfois même jusque dans leur salon.  Une fois les solutions trouvées, les personnes proposant un hébergement viennent récupérer leurs hôtes à l’aéroport et les raccompagnent le jour de leur vol ou pour rejoindre un nouvel hébergement, en relais. De nombreux bénévoles sont mobilisés pour recenser les besoins et les offres. C’est une grande chaîne de solidarité qui s’est spontanément constituée sous la bannière Irmalogement.com.

Ce dispositif est complété par un stand du ministère de la Jeunesse et des Sports qui propose d’organiser le logement collectif des groupes qui ne souhaitent pas être séparés, notamment pour les touristes.

Juste à côté, la Croix-Rouge anime une distribution alimentaire, type cantine, en permanence. Un espace détente avec des tables, des chaises mais aussi des lits pour se reposer, sont disponibles.

La Caisse primaire d’assurance maladie n’est pas en reste. Elle propose d’effectuer sur place les démarches permettant à ceux qui ont tout perdu de rouvrir leurs droits et d’obtenir des attestations d’assurance maladie ou d’ouvrir leurs droits à l’aide médicale d’état.

Les cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP) sont en veille permanente et repèrent les personnes en détresse psychique qui manifestent parfois silencieusement leur profonde angoisse. Dès que nécessaire, les personnes sont alors prises en charge dans un lieu dédié.

La Société de Protection des Animaux (SPA) met à disposition du matériel, de l’alimentation et propose de soulager l’angoisse des animaux rapatriés aux côtés de leurs maîtres.

A côté de ce grand hangar, deux autres bâtiments sont ouverts au public. Le premier, géré par la Croix-Rouge, organise les collectes et distribue aux personnes qui en ont besoin des vêtements, des produits d’hygiène, des denrées alimentaires et des jouets pour les enfants. Un point téléphone permettant de recharger les batteries et de passer des appels est également accessible.

Le Pôle Caraïbes regroupe plusieurs services d’accueil et d’accompagnement des victimes saint-martinoises à Pointe-à-Pitre.

Enfin, le dernier espace est dédié au travail des CUMP. Ce lieu au calme, isolé, permet d’assurer des consultations individuelles et confidentielles pour les personnes en situation de décompensation. De nombreux professionnels sont présents, aux compétences multiples comme par exemple des pédopsychiatres dédiés à l’accueil des enfants traumatisés, des médecins spécialistes du deuil, ou des psychologues expert en prévention des dérives sectaires afin d’éviter des enrôlements sauvages, phénomène fréquent quand les individus se trouvent en situation de grande vulnérabilité.

Très identifiables grâce à leurs chasubles, les professionnels de France Victimes transmettent une première information sur l’existence du réseau d’association d’aide aux victimes et la possibilité de solliciter, où qu’ils soient, une de ces associations en métropole. Les membres présents proposent de prendre les coordonnées de chaque victime qui le souhaite afin de les transmettre à l’association de son choix qui se chargera dans quelques jours de les recontacter. Une fois cette information transmise, leur rôle consiste alors à faciliter l’ensemble des démarches des personnes en les accompagnant dans chacune des étapes qui les concerne et vers les professionnels compétents.

Il est important de souligner la très grande diversité sociale des personnes évacuées : touristes ou résidants, entrepreneurs, médecins ou artisans... Les rapatriés ont quitté l’île parce qu’ils avaient tout perdu ou parce que la peur a été si grande qu’ils éprouvent le besoin de se « ressourcer » quelques semaines loin du lieu du drame. Plus de 60 nationalités ont été recencées, dont une grande partie d’Haïtiens, très présents sur Saint-Martin. Toutes les personnes qui souhaitent partir pour Paris ou la Martinique sont inscrits sur une liste d’attente avec des critères d’urgences : mineurs isolés (par exemple en vacances scolaires à Saint-Martin chez un parent divorcé), personnes malades, femmes enceintes, enfants en bas âge, …. Des billets SNCF vers le point de chute désiré sont à disposition à l’arrivée à Paris.

Quelques exemples de situations prises en charge par France Victimes

Les mineurs isolés

Une mineure de 13 ans, qui a été confiée à un couple de voisins car sa mère est décédée (avant l’ouragan) et son père qui qui a décidé de rester sur place. Elle a cherché à rejoindre Nantes où vivent ses grands-parents. Le couple de voisins souhaitait passer un mois en métropole pour souffler un peu et revenir quand la situation sera redevenue vivable : eau courante notamment. La jeune fille souhaitait absolument pouvoir rester avec ce couple tant qu’elle n’avait pas retrouvé ses parents. France Victimes s’est chargé d’assurer un embarquement conjoint pour le couple et la jeune fille afin que celle-ci ne perde pas le seul repère qui lui restait lui reste avant de retrouver sa famille.

Une parisienne en vacances chez sa meilleure amie qui vit à Saint-Martin. Après l’ouragan, celle-ci a décidé de lui confier sa fille pour qu’elle rejoigne son père vivant en métropole (couple séparé) afin qu’elle puisse poursuivre sa scolarité normalement. Mais impossible de voyager avec une mineure sans l’autorisation des deux parents. France Victimes a accompagné cette femme dans les démarches administratives préalables à l’embarquement et oriente la jeune fille vers la CUMP car celle-ci est manifestement en situation de détresse psychique.

Famille haïtienne sur trois générations. Tous ont des papiers sauf le bébé qui n’a aucun papier hormis son carnet de santé. La Police Aux Frontières a refusé de l’embarquer. France Victimes s'est chargé d’une médiation auprès de la préfecture pour permettre l’embarquement du bébé.

Beaucoup de jeunes mentent sur leur âge pour ne pas être considéré comme mineurs isolés. France Victimes a apporté des éléments de vigilance pour qu’ils soient malgré tout accueillis à Paris par des associations compétentes.

Plusieurs très jeunes gens « lancés » vers la métropole par les parents mais qui n’ont aucun point de chute en métropole. France Victimes a essayé de leur trouver des solutions de premier accueil.

Guadav, association guadeloupéenne membre du réseau France Victimes, assure l’accueil des sinistrés depuis le début de l’opération.

Ouverture des droits à l’assurance 

Beaucoup de compagnies ont mis en place des formulaires en ligne, mais il y a eu des problèmes de connexion qui n’ont pas permis de les remplir. Du coup, France Victimes a proposé à ceux qui le souhaitaient d’entamer avec eux, ou à leur place quand ils ne sont pas en capacité psychique de le faire, l’ouverture des droits à l’assurance et la déclaration de sinistre (ouverture du dossier, légalement contraint en termes de délais). France Victimes a appellé les compagnies avec les personnes concernées pour passer les informations .

Déclaration de sinistres, situations très hétérogènes : classe aisée comme populations modestes. Pour beaucoup de personnes, l’épuisement est tel qu’ils sont presque dans l’incapacité de lire un papier, d’effectuer une démarche administrative. France Victimes le fait à leur place.

Informer, apaiser, écouter

Beaucoup de personnes sont revenues au pôle pour être inscrites sur un vol. Parfois, après plusieurs jours d’attente, certains finissent par s’acheter un billet commercial car ils n’ont plus les moyens de payer l’hôtel. Cela peut provoquer de la colère, notamment si les messages ne sont pas clairs sur la durée d’attente avant de partir. Le stand d’accueil de France Victimes est alors le lieu pour faire redescendre cette colère, de proposer de revoir un psychologue ou un médecin car, si l’état de santé  se dégrade, cela nécessite une évaluation voire une évacuation en urgence.

Une économie en berne 

Une femme accompagnée de ses deux fils : son conjoint a une entreprise à Saint-Martin. Il est resté sur place pour tenter de la sauver. Elle est partie en métropole avec les enfants mais elle était très angoissée à l’idée de laisser son mari seul. Elle témoigne : « certains entrepreneurs font vivre des rues entières. Quid de ces salariés qui ont tout perdu ? »

Beaucoup de personnes ont déclaré qu’elles étaient prêtes à rester sur Saint-Martin, mais le manque de perspectives les a obligées à quitter le territoire. Certains entrepreneurs étaient en déplacement professionnel, ils n’ont aucune idée de l’état de leurs locaux, des pertes matérielles…

Briefing de l’équipe de France Victimes avant l’arrivée du prochain vol en provenance de Saint-Martin.

Soirée exceptionnelle de solidarité avec les Antilles sur France 2.
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