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La « philanthropie à la française » : une croissance spectaculaire

Publication de l’enquête nationale Fondations et fonds de dotations 2019

A l’occasion de la journée européenne des fondations le 1er octobre et en amont du Forum National des Associations & Fondations (FNAF) le 16 octobre, l’Observatoire de la philanthropie – Fondation de France publie la 5ème édition de l’enquête nationale Fondations et fonds de dotations. Elle révèle un fort développement de la philanthropie en France : le nombre de fondations et fonds de dotation a été multiplié par cinq en moins de 20 ans. Les fondateurs sont de plus en plus en plus jeunes, et choisissent d’agir en priorité sur l’action sociale ainsi que pour des projets auprès d’enfants et de jeunes.

« Le dynamisme de la philanthropie à la française montre que la notion d’intérêt général progresse et porte sur des causes de plus en plus diverses. Face à la multiplication des fractures sociales et territoriales, qui se rappellent à tous, de nombreux particuliers et entreprises se mobilisent, conscients que certaines préoccupations sont peu ou pas prises en compte. La philanthropie est agile : elle sait prendre des risques afin d’expérimenter et de proposer des solutions nouvelles », souligne Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France.

Selon la 5ème édition de l’enquête nationale Fondations et fonds de dotations, le secteur est en pleine croissance avec près de 2 500 fondations et plus de 1 650 fonds de dotation en activité en France. Si un tiers des fondations a été créé depuis 2010, les fonds de dotation se développent très rapidement depuis la création de ce statut par la loi du 4 août 2008 de modernisation de l'économie.

Le poids économique du secteur croit également : 26,5 milliards d’euros d’actifs et 10 milliards d’euros de dépenses annuelles pour l’intérêt général.

Des fondateurs de plus en plus jeunes, des particuliers de plus en plus engagés

Les particuliers représentent 54 % des créateurs de fondations, et 37 % des créateurs de fonds de dotation[1]. Cet engagement intervient de plus en plus tôt dans leur vie : l’âge moyen du fondateur est passé en 4 ans de 64 à 61 ans pour les fondations reconnues d’utilité publique, et de 59 à 57 ans pour les fondations abritées (cf. exemples de fondateurs en p. 2). Dans ces dernières, un tiers des fondateurs a moins de 55 ans. Et dans la grande majorité
des cas, les philanthropes sont en activité professionnelle lorsqu’ils créent leur fondation.

Des fondations de plus en plus tournées vers l’action sociale

Les fondations interviennent dans des domaines diversifiés, dont l’action sociale pour un quart d’entre elles. Le léger recul apparent de cette catégorie (de 29 à 24 %) est essentiellement dû à la création d’une nouvelle catégorie « éducation » (7 %) dans l’enquête. Si le nombre de fondations agissant pour l’environnement et l’aide à l’international progresse, leur proportion reste stable.

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En revanche, en prenant le montant des dépenses réalisées par les fondations : ce sont la santé et la recherche médicale qui arrivent en tête avec 47 % des dépenses. L’action sociale représente 29 %, l’enseignement supérieur 6 %, tout comme les arts et la culture qui sont pourtant perçus comme le domaine de prédilection du mécénat.

Si plus d’un tiers des fondations agissent en faveur de tous types de publics, les enfants et les jeunes sont la catégorie la plus fréquemment ciblée : 37 % d’entre elles.

« A côté des fondations opératrices qui gèrent des projets en direct, les fondations distributives, à l’instar de la Fondation de France, représentent aujourd’hui le modèle dominant de la philanthropie : c’est le cas de 80 % des fondations. Elles interviennent dans tous les domaines de l’intérêt général en soutenant des associations ou des personnes physiques via des subventions, bourses et prix. Leur rôle s’étend de plus en plus à l’accompagnement et au suivi des projets qu’elles soutiennent, ce qui en fait de véritables laboratoires d’innovation sociale », explique Laurence de Nervaux, responsable de l’Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France.

Les fondations d’entreprise : une progression continue

Le nombre des fondations d’entreprises a augmenté de 21 % sur la période 2014-2018, montrant une volonté toujours plus forte des entreprises d’œuvrer pour l’intérêt général. Au total, les fondations d’entreprises représentent aujourd’hui 16 % de l’effectif global des fondations contre 6 % en 2001.

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Une évolution en phase avec la philosophie de la Fondation de France depuis 50 ans

La Fondation de France joue un rôle à la fois précurseur depuis 50 ans, et moteur pour rassembler les citoyens et entrepreneurs qui veulent agir en faveur de l’intérêt général. Avec plus de 180 000 projets soutenus depuis 1969, son champ d’action est très large, permettant des avancées majeures dans les domaines de l’autisme, des soins palliatifs, de l’environnement… La Fondation de France et les 857 fondations qu’elle abrite incarnent cette philanthropie moderne et active au service d’une société toujours plus digne et plus juste !

Exemples de philanthropes engagés, particuliers et entrepreneurs

La Fondation Lire et Comprendre, créée par Lila Bidaud, soutient des projets d’aide aux enfants de milieux défavorisés qui rencontrent des difficultés d’apprentissage en lecture, et ceci dès le cours préparatoire.

 

La Fondation Valentin Ribet, fondée par ses parents à la suite de son décès au Bataclan le 13 novembre 2015, veut favoriser l’accès à l’éducation et à la culture, agir contre l’exclusion et l’illettrisme.

La Fondation Nature et Découvertes, fondée par François Lemarchand, créateur de l’enseigne du même nom, soutient des projets qui renforcent les relations entre l'Homme et la Terre (jardinage en hôpital, agrobiologie,
entrepreneuriat social écologique...)
 

La Fondation Maintenant, créée par Patrick et Laëtitia Gavoty, s’engage pour la santé, l’éducation et le lien social, comme l’aide aux enfants handicapés, le soutien scolaire…

 

 

 


[1] Les fonds de dotation ont été créés en 2009. Ils allient les avantages associatifs (simplicité de constitution) à ceux des fondations (stabilité et avantages fiscaux). Leurs dépenses annuelles représentent 2 % du total des dépenses des fondations.