L'Observatoire de la philanthropie

La générosité sous toutes ses formes : le premier Panorama des générosités en France

7,5 milliards d’euros : c’est le montant annuel total de la générosité des Français. Telle est l’estimation inédite produite par le premier Panorama national des générosités, publié le 24 avril par l’Observatoire de la philanthropie – Fondation de France. On y apprend aussi que cette générosité est portée à 60 % par les particuliers, contre 40 % pour les entreprises, et que les dons déduits des impôts représentent environ 60 % de l’ensemble.

A production exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle : l’ensemble des organisations collectives du secteur de l’intérêt général se sont rassemblées pour apporter leur concours à cette étude de grande envergure.

Un travail remarquable a également été réalisé par Daniel Bruneau, ancien président de France générosités, avec l’Observatoire de la Philanthropie. En constituant une base de données de 300 organisations bénéficiaires de legs, il a notamment fait beaucoup progresser la connaissance du volume de ce vecteur majeur de la générosité des citoyens.

Cette étude met en exergue d’autres aspects de la générosité qui étaient peu connus : les dons déclarés faisant l’objet de reports sur une période allant jusqu’à 5 ans si le montant du don dépasse 20 % du revenu imposable, les donateurs qui combinent les déductions au titre de plusieurs impôts, ou encore le volume de la générosité privée reçue par des organisations publiques. Autant d’éléments qui contribuent à affiner la connaissance collective de ce phénomène aux multiples visages qu’est la générosité.

Les fondations – constituées principalement par des dons et des legs – qui ont pour la plupart d’entre elles une activité de collecte, sont tout à la fois les destinataires et les instigatrices de cette générosité qui n’est jamais acquise, et qu’il importe d’entretenir et d’encourager. Par leur engagement au service de l’intérêt général, leur connaissance des enjeux, leur rôle de sélection des projets, de suivi et d’évaluation, les fondations permettent à ces intentions généreuses de se concrétiser de la manière la plus pertinente et efficace possible, que leurs bénéficiaires soient en France ou au bout du monde.

Tout en se renouvelant – diversification des canaux et des modalités de collecte – les collectes populaires traditionnelles continuent de mobiliser de très nombreux donateurs, comme les dons en nature, essentiels à l’action d’organisations dédiées aux plus défavorisés. Dans le même temps, grâce aux progrès technologiques, tout un chacun peut se mobiliser pour lever des fonds auprès de son entourage, pour une cause qui lui tient à cœur. On peut y voir le signe très positif que le don pénètre au cœur du quotidien des Français, y compris des plus jeunes. A noter enfin ces dernières années, une professionnalisation des métiers de la collecte, ainsi qu’un investissement dans des méthodes et des outils performants, pour solliciter les donateurs de façon plus efficace.

Quant au financement participatif, aux produits partage et aux outils dits de « générosité embarquée », si leur montant reste relativement modeste, et même si les gestes qu’ils recouvrent ne relèvent pas tous du don sans contrepartie, ce sont des vecteurs de mobilisation en nette expansion.

Ainsi que l’a relevé la journaliste de La Croix dans son article dévoilant le Panorama en exclusivité, le volume annuel total de la générosité des Français, estimé par cette étude à 7,5 milliards d’euros, équivaut au budget du ministère de la Justice. C’est aussi celui de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris. Cela représente un très beau potentiel d’action pour toutes les organisations, qu’elles soient impliquées dans la recherche médicale, la préservation de l’environnement, l’éducation ou la culture, en France et dans le monde. Un défi éminemment collectif, auquel la Fondation de France est heureuse de prendre chaque jour sa part, grâce à la générosité de ses donateurs.