Tribune

La force du collectif, l’échelle des territoires, par Axelle Davezac

17/06/2020

Face à la situation inédite et terrible à laquelle nous avons tous été confrontés, nous avons su réagir… non pas dans une posture de repli individuel où chacun aurait cherché à se préserver, mais en comprenant que dans l’union réside la solution.

Loin des clivages et des corporatismes, de nouvelles coopérations, fluides et efficaces, ont vu le jour. Fondateurs, mécènes, grandes entreprises et acteurs de l’économie sociale et solidaire, services publics, administrations, collectivités locales, associations et citoyens… tous se sont mobilisés pour inventer des solutions inédites, en réponse à un contexte qui l’était tout autant. Des initiatives courageuses ont été prises de façon concertée entre acteurs publics, privés et la société civile. A l’hôpital, dans les laboratoires de recherche, dans l’industrie, dans les Ehpad et les associations, dans la rue, auprès des enfants comme des personnes âgées… face à l’urgence, chacun a su sortir de son périmètre habituel, innover et agir.

Cette approche collective, ce réflexe coopératif… Il est indispensable de les conserver, de les cultiver, pour répondre aux besoins « post-urgence ». Car il ne s’agit pas seulement de panser les blessures des victimes de la crise sanitaire et sociale, mais de développer un modèle plus durable, plus résilient face aux difficultés sociales et aux risques climatiques que nous devons affronter.

Comment ? En misant sur la participation, l’énergie et la créativité des citoyens et des acteurs de solidarité, partout en France. Et notamment à l’échelle locale où les expérimentations les plus fructueuses peuvent se mener. Des modes de vie et de production plus inclusifs et plus respectueux du vivant s’inventent partout. Ils ont aujourd’hui besoin d’être identifiés, soutenus, capitalisés… pour atteindre le point de bascule, celui d’une transformation systémique. Face à ce défi, le mouvement philanthropique répond présent, avec sa capacité à agir vite et dans le long terme, avec sa capacité d’innovation pour expérimenter des solutions nouvelles en s’affranchissant des modèles du passé. Et le besoin d’engagement est croissant. Notre nouveau baromètre annuel de l’Observatoire de la philanthropie le montre : en 2019, entreprises comme particuliers ont confirmé leur envie d’agir, ce qui s’est traduit par une croissance continue du nombre de nouveaux fonds et de de fondations, en particulier dans les territoires. Face aux défis de l’après Covid, ils seront au rendez-vous.

 

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Axelle Davezac
Directrice générale de la Fondation de France