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Événement

Journée initiale : la transition écologique c’est l’affaire de tous !

08/11/2019

Les 4 et 5 novembre, la Fondation de France a organisé la 4e édition des Journées initiales, à Paris, dans le cadre de l’appel à projets 2019 « la transition écologique, ici et ensemble ». L’objectif ? Permettre aux 51 porteurs de projets présents d’échanger, de confronter leurs expériences et leurs méthodes pour impliquer les habitants dans des initiatives collectives pour l’environnement.

 

La participation des citoyens, gage d’efficacité de nos actions

La participation est dans l’ADN de la Fondation de France. On ne peut pas décréter ce qui est bon pour les personnes sans les associer étroitement. Une démarche qui s’applique notamment dans le domaine de l’écologie : agriculture, alimentation, biodiversité, eau, économie circulaire, énergie, habitat, mobilité, transition territoriale… « La transition écologique ne peut pas venir uniquement d’en haut », insiste Laetitia Bertholet, responsable du programme Transition écologique. « Les projets retenus prévoient de sensibiliser les différents publics, à commencer par ceux qui se sentent très peu concernés par la question écologique. A l’issue de cette Journée initiale, nous souhaitons que les associations repartent avec une boîte à outils pour mieux impliquer les habitants de leurs territoires. »

Comment partager l’urgence écologique avec toutes les populations ?

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A droite, Odile Marie-Noëlle, de la Maison des
alternatives alimentaires à Pantin, partage
ses difficultés à sensibiliser les habitants des
quartiers prioritaires avec l’association Permapolis.

Les associations sont toutes confrontées à la même problématique : comment créer une dynamique collective et mobiliser les populations les plus fragiles ? C’est le défi d’Odile Marie-Noël, responsable du projet Ecobul qui a développé une Maison des alternatives alimentaires à Pantin : « les personnes qui ont des connaissances viennent spontanément nous voir. Mais nous avons plus de mal à toucher celles des quartiers prioritaires pour qui « bien manger » n’est pas forcément une priorité... ». Des difficultés partagées par Adelaida Uribe Lemarie, présidente de l’association Permapolis qui travaille au développement de jardins participatifs, également dans le département de Seine-Saint-Denis. Pour d’autres associations, la transition écologique s’opère déjà à travers des initiatives individuelles qu’il faut repérer, valoriser, dupliquer. C’est l’ambition de Christelle Lemoigne-Masclef, cheffe de projet des Citoyens de la Biodiversité : « Il se passe beaucoup de choses dans les entreprises. Nous encourageons toutes ces « petites » initiatives et les développons pour créer une dynamique autour de la transition écologique... »

 

A chacun sa méthode pour impliquer les habitants

La concertation est le préalable indispensable à toute action menant à la transition écologique. Elle permet d’établir un « cadre de discussion », comme l’explique Julien Peyre, dont le projet vise à restaurer les habitats des insectes et des oiseaux dans la Haute Vallée de l’Aude : « nous n’apportons pas de réponses toutes faites mais proposons un cadre qui permet de croiser tous les usages des pesticides. Nous réunissons des acteurs locaux allant de l’agriculteur bio au directeur de coopérative agricole qui vend des produits phytosanitaires... C’est en rapprochant ces derniers que nous pourrons faire évoluer les usages ». Pauline Lettuca, quant à elle, réunit régulièrement toutes les parties prenantes de son projet Les éco’minots passent à table : parents, enfants, élus, agents de cantine, animateurs, prestataires extérieurs, enseignants... « Nous organisons des temps forts pour rassembler tout le monde. Par exemple, nous allons bientôt déjeuner tous ensemble à la cantine ! ». Co-présidente de l’association Vent d’Ouest, Guénaëlle Carlier ajoute que la présence d’experts est essentielle lors de ces contacts avec les populations. Pour donner de la visibilité à son projet Dessinons notre quartier en 2030, elle a organisé une rencontre avec Rob Hopkins, initiateur du mouvement international des villes en transition. 

La convivialité, ingrédient essentiel de la mobilisation

Tous les participants se sont accordés sur un point : la convivialité est essentielle pour faire venir les habitants ! Certains ont fait le choix d’organiser des réunions d’appartement entre voisins ou des petit-déjeuner tandis que l’association Vent d’Ouest préfère organiser des rencontres dans les bars et restaurants du quartier, eux-mêmes concernés par son projet. D’autres choisissent d’organiser des événements. Energies pour demain qui œuvre pour l’installation de panneaux solaires photovoltaïques sur le plateau de Mille Vaches, a opté pour la projection du film Après Demain. « Cela a permis de déclencher des réactions, des échanges... et 30 adhésions d’un coup ! », témoignent Maïlys Habert et Elixander Pablo, responsables du projet. L’association La Californie a, quant à elle, choisi d’organiser un jeu sur la transition écologique avec l’aide d’un animateur. « Cela a très bien fonctionné et a permis d’offrir des lots en provenance de producteurs locaux », racontent Christine Rique et Juliette Six. A Saint-Denis, c’est en installant des ruches d’abeilles sur les trottoirs et en lançant le « miel Béton » qu’Olivier Darné et l’association Le Parti poétique ont su susciter l’intérêt et provoquer les échanges avec les gens du quartier. Enfin a été posée la question du local : ce dernier est-il nécessaire pour mobiliser ? Oui, pour fédérer les énergies mais « le local ne doit pas enfermer l’action ni empêcher de poursuivre la démarche de rencontre des habitants », a souligné une présidente d’association.

Les enfants, clé de la transition écologique ?

Les enfants sont une cible incontournable pour construire la transition écologique et beaucoup de responsables de projet l’ont bien compris. « Nous avons 70 adhérents parmi lesquels une proportion importante d’enfants car notre projet concerne le long terme et donc l’avenir de la jeune génération », explique Georges Vasseur, administrateur du projet A nous l’énergie, qui prévoit de créer des nouvelles sociétés citoyennes productrices d’énergies renouvelables. Comme lui, beaucoup de projets s’appuient sur les enfants et leur curiosité naturelle pour que ces derniers deviennent les ambassadeurs de la transition écologique.

L’implication des habitants, un travail de longue haleine

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Georges Vasseur, administrateur du projet
A nous l’énergie ! Renouvelable et solidaire,
à La Rochelle.

La construction de la transition écologique passe par des projets très diversifiés : « au départ, les projets étaient essentiellement tournés vers la biodiversité, constate Patricia Jung, membre du comité Transition écologique et créatrice de la Fondation Terra Symbiosis abritée à la Fondation de France. Aujourd’hui, ils concernent l’énergie, l’alimentation, la mobilité, l’habitat, la mise en place de tiers lieux où se développent des initiatives variées... Pour agir, tous sont soumis à la même problématique d’embarquer une majorité de citoyens ». Des citoyens qui sont à la fois des enfants, des scientifiques, des gens initiés, des personnes défavorisées, des élus... Autant de cas de figures qui justifient des approches et méthodes différentes. « Mobiliser les habitants demande une énergie folle, du temps et des moyens que nous n’avons pas. Nous, nous avons décidé de nous concentrer sur un noyau dur de personnes initiées et motivées et de faire connaître notre action afin de donner envie aux autres de nous rejoindre spontanément », explique une responsable d’association. Gageons qu’au terme de cette Journée initiale, beaucoup auront trouvé de nouvelles clés pour impliquer les habitants de leurs territoires dans la transition écologique.

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Des groupes de travail ont permis de définir des thématiques essentielles sur l’implication des habitants dans la transition écologique.