L'entrée de la fondation des trois cyprès.

Portrait de philanthrope

Jacques Chanet

Philanthrope discret

“Il semble que la misère serait moins pénible au soleil”, chante le poète… En Provence, les belles résidences secondaires occultent la réalité quotidienne des populations défavorisées. Issu du monde de l’entreprise, Jacques Chanet l’a compris : dès qu’il s’installe dans le Vaucluse l’heure de la retraite venue, il tente de faire bouger les lignes. « J’ai d’abord aidé l’association La Bergerie de Berdine, qui accueille des personnes en grande difficulté, à collecter des fonds pour héberger les résidents âgés ou malades » se remémore-t-il. Avant d’ajouter : « J’ai su alors qu’il me faudrait trouver un cadre adapté pour continuer à bâtir d’autres structures d’accueil social. »

Cette vocation sera réalisée dès 2010 par la Fondation des Trois Cyprès, créée sous l’égide de la Fondation de France et avec l’aide de quelques amis. Depuis, la Fondation a aidé l’association HAPA (Hébergement et Accueil en Pays d’Apt) à construire un nouveau bâtiment puis à créer une recyclerie. « Six personnes ont ainsi retrouvé un emploi, avec des contrats adaptés à leurs capacités, pour leur remettre le pied à l’étrier » souligne Jacques Chanet.

Ces combats menés, la Fondation s’est fixée pour nouveau défi d’inciter les jeunes du Pays d’Apt à repousser leurs propres “frontières”, que ce soit dans leur quartier, dans leur ville ou dans leur tête. Depuis cet été, la Caravane des Possibles va à leur rencontre pour les aider à donner vie à leurs projets, « en collaboration avec des associations locales et avec l’appui de la Fondation de France », s’enthousiasme à mots mesurés Jacques Chanet. La discrétion faite homme, l’initiateur de la Fondation des Trois Cyprès est avant tout un rassembleur qui joue collectif. Une qualité rare ces temps-ci.