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Faire un legs

Histoires de legs : une vie d'engagement

En faisant un legs à la Fondation de France, Murièle Gourbeault et Éric D. ont voulu mettre leur patrimoine au service des causes qui leur tenaient à cœur et perpétuer ainsi les valeurs qui leur sont chères. À l’occasion de la Journée mondiale du legs, retour sur leur histoire et leur engagement.

 

Aider le monde à tenir debout

Célibataire et sans enfant, Murièle Gourbeault a choisi de léguer son patrimoine à la Fondation de France pour soutenir l’éducation, en France et à l’étranger. Une façon pour elle de transmettre les valeurs universelles qu’elle a toujours défendues l’égalité et la solidarité.

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La vie a plus d’imagination qu’on en a... Murièle Gourbeault a souvent expérimenté la formule ; elle qui se plait à dérouler un parcours fait d’une succession de hasards et de révélations. Après une formation de gestionnaire, elle se tourne vers l’enseignement agricole, puis l’enfance inadaptée et, enfin, le soin aux personnes âgées. Un licenciement décidera de son destin. « Le sentiment d’injustice, l’inactivité soudaine m’ont été insupportables et j’ai compris qu’il fallait tout bousculer. Lors de précédentes vacances, j’avais accompagné au Yémen une amie qui encadrait des touristes pour l’agence de voyage Artvel, une agence de voyage solidaire. Cette expérience a été le déclic. » Murièle prend contact avec l’agence et décroche rapidement un poste d’accompagnatrice. « J’ai appris le métier sur le tas et cela m’a passionnée : la découverte des paysages, des cultures, des populations... » Photographe amateur, elle utilise ce vecteur pour tisser des liens avec les locaux, rapportant à chaque nouvelle visite les clichés des précédentes rencontres. Sa façon de penser le voyage séduit les groupes et sa passion pour l’ailleurs l’incite à s’installer à Sanaa, au Yémen, où elle vivra durant 15 ans. Sur les conseils de son père dont elle était très proche, Murièle décide de créer sa propre société de voyage. Des circuits préparés mais suffisamment libres pour intégrer les surprises de la vie ; confortables mais pensés sans luxe inutile. Aujourd’hui encore, ils rencontrent un tel succès qu’elle continue, à 68 ans, d’emmener ses fidèles voyageurs en Éthiopie, à Oman, en Iran ou en Ouzbékistan.

Conforme à ce qu’elle a toujours désiré, la vie de Murièle a néanmoins été assombrie par la disparition de son père. Fille unique, elle a perdu sa mère très jeune, son frère et sa sœur sont décédés en bas âge. Élevée par son père qui ne s’est jamais remarié, Murièle conservera tout au long de sa vie des relations très fortes avec lui. « Après sa disparition, j’ai réalisé que je n’avais plus personne. Il m’a laissé un patrimoine et j’ai senti que ce bien devait prendre un sens. » Sur les conseils d’un ami, elle prend contact avec la Fondation de France et décide de le léguer. « Parcourir le monde m’a enseigné le respect des autres et la solidarité. Je souhaite que ce bien serve à l’éducation – en France et à l’étranger – qui me semble être le meilleur moyen de transmettre ces valeurs fondamentales. Une façon d’aider le monde à tenir debout… »

Quand la philanthropie traverse une vie

Notaire, Éric D. a toujours soutenu de multiples associations, notamment dédiées à l’éducation et à l’aide aux plus démunis. Célibataire et sans enfant, il a choisi de léguer son patrimoine à la Fondation de France, avec mission de poursuivre cet engagement, solidaire et généreux.

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Donner ce que l’on a, donner ce que l’on est... Éric D. a fait sienne cette devise tout au long de sa vie, intervenant régulièrement comme bénévole et soutenant de multiples associations, en marge de son activité professionnelle. Dans le cadre de son travail, il règle la succession d’une propriété léguée à la Fondation de France. Ce dossier lui donne l’opportunité de mieux connaître les missions de la Fondation, dont il se rapproche au moment de sa retraite en 2003. Il en devient alors l’un des notaires bénévoles et met sa précieuse expertise au service des testateurs. Dans le même temps, il choisit de s’investir en tant que grand donateur, notamment via le concours Déclics jeunes de la Fondation de France qui encourage l’esprit d’entreprise des jeunes et les aide à trouver leur place dans la société. Confronté lui-même au décrochage scolaire à 16 ans avant de reprendre pied et de poursuivre ses études de droit, Éric s’intéresse tout particulièrement aux actions concernant des jeunes en difficulté, avec une conviction : c’est par la culture et l’éducation que l’on peut aider les nouvelles générations. Il accompagnera ainsi l’initiative de l’un des lauréats du concours, un comédien isérois qui développe un projet d’aide aux décrocheurs scolaires en trois volets : un spectacle pour partager sa propre expérience, des rencontres pour échanger et des ateliers théâtre pour aider les jeunes à s’épanouir, retrouver confiance en eux et élargir leur horizon... Éric soutiendra aussi l’association Sock en Stock d’une avocate lilloise qui collecte les chaussettes orphelines, reconstitue des paires et les distribue aux plus démunis. Il s’agit selon elle « d’un simple maillon dans une grande chaîne de solidarité... ». Un principe cher à Éric qui multipliera les dons au soir de sa vie avant de disparaître au début de l’année, léguant l’ensemble de son patrimoine à la Fondation de France pour perpétuer son action.