Portrait

Hélène Mauri : soigner par l’image

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© Lucien Lung

Elle est infirmière et photographe. Et elle porte la même attention, précise et précieuse, aux humains et aux images. Hélène Mauri, 34 ans, tente de soigner par la mémoire des lieux, d’apaiser par le souvenir retrouvé, de faire remonter au chevet du patient des bonheurs d’avant.

Ce travail, toujours en cours, se nomme “S’il n’y avait qu’une image”. L’idée est née en 2013, à l’occasion de la maladie d’un proche. Elle a proposé à celui qui ne pouvait bouger de retrouver un endroit apprécié. Il a choisi une cascade dans les Pyrénées qui, en été, regorge de fraîcheur et où il aurait bien voulu “jeter sa tumeur”. 

Pour d’autres, ce sera ensuite un voilier dans la baie de Nouméa, les remparts de Saint-Malo, les hauts de Montmartre, les falaises normandes, des arbres, des fleurs, les blouses blanches des infirmières, des visages amis.

Hélène Mauri devient ensuite bénévole au sein de l'ASP fondatrice, puis exauce les voeux de patients en soins palliatifs ou en chimiothérapie. Elle se doit d’aller vite pour retrouver l’avant et arrêter le temps qui est compté. Un texte à la première personne accompagne les visuels, expliquant la demande, la recherche, la motivation.

Hélène Mauri a souhaité être infirmière “pour être plus proche des patients, plus dans le relationnel”. Ardente et évidente dès l’adolescence, cette vocation a été contrebalancée par une passion pour la photo. Il y a eu l’école d’infirmière, puis l’école Louis Lumière.

Aujourd’hui, Hélène Mauri marie ses deux mondes, ses deux registres. Elle réalise des photographies pour des catalogues d'exposition ou satisfait des commandes publiques, tout en développant ses projets personnels. En parallèle, elle remet sa blouse blanche à mi-temps dans l'unité de soins palliatifs du Groupe Hospitalier Diaconesses Croix Saint Simon. Hélène Mauri a obtenu la bourse Déclics jeunes de la Fondation de France en 2016. Elle avait déjà été finaliste auparavant, et a vu sa ténacité récompensée. Cette bourse lui a servi à financer les prises de vue, à réaliser les tirages et contribuera au financement d'une édition photographique aux éditions LOCO fin 2020.  Elle ajoute : “La fondation ne se contente pas de décerner un prix. Elle suit les lauréats, les met en relation, fait le lien entre eux. C’est à la fois une structure-tremplin, mais aussi un accompagnement attentif sur le long terme”.

Ces derniers temps, Hélène Mauri recroise la route de la Fondation de France. Elle instruit des appels à projets au sein du comité “Humanisation de soins”. Elle étudie les dossiers, tel par exemple “cette initiative d’aromathérapie en soins palliatifs”, rend des avis. Elle précise que ce sont des équipes thérapeuthiques qui concourrent, et non des individus. Tragique actualité oblige, elle vient récemment d’intégrer le jury Covid 19 où il s’agit de sélectionner des demandes “en matériel comme en réformes de structures ou en développement de relations humaines”. Vu la multiplicité de ses activités, il n’est pas certain qu’une seule image suffise à les résumer.

 

> Plus d’informations sur le projet d’Hélène Mauri : http://www.siuneimage.com/