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Grand Prix de la Fondation de France : Jean-François Arnal

Des œstrogènes contre tous les vents

C’est une étude de 2002 conduite aux États-Unis qui a mis le feu aux poudres. Cette année-là, la publication de la Women’s Health Initiative (WHI), affirme que le traitement par les œstrogènes donnés aux femmes après la ménopause favorise non seulement les cancers du sein mais aussi l’infarctus du myocarde, qu’ils étaient censés prévenir. L’impact est énorme : actuellement, une femme sur dix seulement prend un traitement de la ménopause, alors que la majorité se plaint de symptômes altérant la qualité de vie.

Pour autant, l’équipe de Jean-François Arnal n’a pas interrompu ses recherches sur ce thème : « Il n’existait pas d’alternative pour traiter les symptômes parfois très handicapants de la ménopause : bouffées de chaleur, troubles du sommeil et de l’humeur, fragilisation des os, etc. »

Bien lui en a pris. Cinq ans plus tard, il est apparu que l’étude de 2002 souffrait de biais importants. Si certains risques du traitement œstrogénique sont indéniables, il est clair que les œstrogènes confèrent une protection cardiaque et contre le diabète avant 60 ans.

« Notre ambition ultime est de contribuer à découpler les effets bénéfiques des effets indésirables, explique Jean-François Arnal. En modifiant la structure des œstrogènes eux-mêmes, on obtient des médicaments possédant une partie de leurs effets bénéfiques, sans les effets délétères». Dans ce but, le chercheur et son équipe collaborent aussi bien avec des laboratoires publics, notamment de Strasbourg, Rennes, Paris et Angers, qu’avec des industriels, comme les laboratoires Pfizer qui commercialisent aux États-Unis un nouveau traitement associant plusieurs œstrogènes modifiés.

« À une époque où la recherche sur les œstrogènes n’était pas prioritaire, nous avons tenu bon, souligne Jean-François Arnal. Grâce au soutien de généreux donateurs comme ceux de la Fondation de France, nous avons pu garder le cap et poursuivre nos travaux aujourd’hui reconnus notamment par ce prix. En science aussi, il faut savoir résister aux modes ! »

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Jean-François Arnal

  • Responsable scientifque d’une équipe à l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (Inserm), à Toulouse
  • Professeur des universités - praticien hospitalier au CHU de Toulouse 
  • Membre senior de l’Institut universitaire de France

Le Grand Prix de la recherche de la Fondation de France

Le Grand Prix de la recherche de la Fondation de France est décerné à une équipe déjà soutenue à travers ses programmes, récompensant ainsi l’avancée de travaux de recherche originaux et innovants, qui déboucheront à terme sur des applications en santé publique. La Fondation de France a en effet le souci de faire progresser la recherche sur les pathologies particulièrement dévastatrices, telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires par exemple. À l’heure où les pathologies cardiaques et vasculaires demeurent une des principales causes de mortalité et d’hospitalisations en France, la Fondation de France réafrme son soutien à la recherche sur les maladies cardiovasculaires en attribuant ce Grand Prix.

Le lauréat de ce prix, doté de 100000 euros grâce à la générosité des donateurs, a été désigné par un jury présidé par le Pr Patrice Courvalin, chef de l’Unité des agents antibactériens à l’Institut Pasteur.