Portrait

Ghislaine Dehaene-Lambertz, chercheuse en neuro-sciences enthousiaste 

07/06/2019
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Ghislaine Dehaene-Lambertz est chercheuse en neurosciences. En 2015, elle a reçu le Grand Prix de la recherche de la Fondation de France.

Au sud de Paris, le plateau de Saclay concentre les plus brillants cerveaux du pays. Ghislaine Dehaene-Lambertz nous reçoit au cœur du campus du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), dans le bâtiment Neurospin, à l’architecture d’une modernité grisée et métallique. En blouson en jean fleuri, cette blonde volubile de 59 ans a l’accueil enthousiaste. Pédagogue précise et enjouée, la directrice de l’équipe « Neuro-imagerie du développement » détaille les études menées pour avancer dans la connaissance du cerveau des nourrissons et des enfants de 6-7 ans. Cette approche qui utilise l’apport des IRM permet de lutter contre l’autisme, les troubles de l’attention et la dyslexie. Et de progresser sur les savoirs fondamentaux, afin de proposer des solutions en matière d’apprentissages divers.

Ghislaine Dehaene grandit en Mayenne dans une famille d’agriculteurs. Elle étudie la médecine. Elle se destine à la pédopsychiatrie. À l’hôpital, elle croise la route du père de la science cognitive, Jacques Mehler. Et se lance dans un monde de la recherche auquel rien ne la destinait, mais où elle va exceller.

Son époux Stanislas Dehaene exerce dans le même univers. Il dirige l’unité Inserm-CEA de Neurospin et est également président du conseil scientifique de l’Éducation nationale, un organisme chargé de conseiller le ministre Jean-Michel Blanquer sur l’avancée des savoirs en matière d’apprentissages et de pédagogie. Ensemble, ils ont trois grands fils, deux polytechniciens et un matheux. « Nous n’avons pas fait des artistes » s’amuse la jeune grand-mère.

En 2015, elle obtient avec son équipe le Grand Prix de la recherche de la Fondation de France. La dotation de 100 000 euros lui permet de financer un thésard. Reconnaissante, elle salue l’importance de l’action de la Fondation : « L’État prend en charge le coût des permanents. Mais, pour les étudiants de haut niveau qui nous accompagnent, tout dépend des apports des fondations. Et la Fondation de France est l’une des plus reconnues en France. »

Surtout, cette récompense renforce sa légitimité professionnelle : « Plus on reçoit de prix, plus on est écoutée et plus on peut obtenir des aides et des subventions. » Car les scientifiques se doivent aussi de se faire chercheurs d’or. Ces derniers temps, forte de sa notoriété française, elle a plutôt sollicité l’Europe. Avec succès.

Ghislaine Dehaene anime un groupe de trois permanents, de trois doctorants et de trois post-doctorants. Elle tient à faire visiter ses laboratoires et à détailler les techniques imaginées. Et l’on découvre que les oiseaux chanteurs ou les baleines ont une richesse d’expression vocale qui pourrait concurrencer celle des humains.

Mais comment les bébés apprennent-ils ?