Des jeunes réparent un scooter, dans le cadre d'un projet de la fondation Motul Corazón.

Fondations abritées

Fondation Motul Corazón : les étincelles du démarrage

Motul est un spécialiste français des lubrifants automobiles de renommée mondiale. Voici six ans a été lancée sa fondation, Motul Corazón, qui a pour mission d’aider les jeunes à forger leur avenir par les métiers de la mécanique, sur les cinq continents. Économie de moyens, implication du personnel de l’entreprise, efcacité et accent mis sur le partenariat sont les grands traits de la Fondation Motul Corazón.

On va vite avec la mécanique. Elle donne un statut social et insère dans la vie. Elle est concrète, exigeante, précise», remarque Michel Rivoire, président de la Fondation Motul Corazón. «Surtout, la mécanique est l’univers de Motul, ce qui permet
aux collaborateurs de l’entreprise de s’y investir naturellement. Ils repèrent puis parrainent les initiatives, donnent de leur temps, se consacrent au mécénat de compétences. Pour la réussite d’une fondation créée par une entreprise, une telle harmonie est vitale.»
 

Recentrer l’action

Née en 2011, la Fondation Motul Corazón a mis trois ans pour tracer ce cadre à sa mesure. «Nous étions partis de façon plus ouverte», poursuit Michel Rivoire, «en soutenant des travaux de chirurgie cardiaque, des actions destinées aux très jeunes, des centres scolaires… Sur des opérations à gros budgets, alors que le nôtre est faible, nous nous dispersions sans être capables de mesurer notre efcacité et notre pertinence. Il nous a donc fallu un peu de temps pour afrmer notre nouveau cap.» C’est-à-dire de concentrer l’effort sur les adolescents et les jeunes en situation de décrochage scolaire et laissés à eux-mêmes. Or, si elle joue bien son rôle, la Fondation Motul Corazón n’est, aux dires mêmes de ses animateurs, qu’ «une petite machine, légère et maniable.» Son budget annuel oscille autour de 100000€ – 125000€ pour le dernier exercice, grâce à une initiative bénévole de Motul Italia: la construction et la vente aux enchères d’Onirika, une moto futuriste en exemplaire unique. Les fonds sont intégralement consacrés aux actions. Accordé à bon escient et au bon moment, un soutien modéré agit comme une étincelle d’amorçage. Charge à d’autres ensuite d’entretenir la combustion même si la fondation cherche à privilégier des partenariats dans le temps.
 

S’appuyer sur un réseau international

Chaque projet soutenu est porté par une association ou une structure locale confrmée. Et comme Motul est présent sur cinq continents et dans 80 pays, l’action de sa fondation bénéficie de l’ampleur du réseau. Au Burkina Faso, en partenariat avec l’association italienne Bambini nel deserto, la fondation a lancé le «garage Italia». «Il suft d’un peu d’outillage et de l’encadrement d’un ou deux professionnels pour qu’une quinzaine de gosses apprennent le métier en travaillant vraiment, pour des clients qui leur confent la réparation d’un cyclo, d’une moto. Au bout d’un an, les jeunes mécaniciens sont embauchés ou créent leur propre petit atelier.» Même schéma en Argentine, où plusieurs centres de formation à la mécanique ont été ouverts en partenariat avec les fondations locales Pescar et Boca Social. Convaincues par l’initiative, les collectivités publiques en sont devenues parties prenantes. Ce qui est réalisé ici, c’est tout simplement une mise en réseau dans la logique des écoles de production : les jeunes sont placés dans une vraie situation économique, ils apprennent par le travail, et la rémunération de ce travail contribue au fonctionnement de la structure. «Si l’on regarde bien, au niveau de notre planète», conclut Michel Rivoire, «la plupart des enfants sont à peu près encadrés jusqu’à douze ans. Ensuite, faute de structure adaptées, beaucoup décrochent et sont laissés à eux-mêmes. C’est pourquoi, à notre modeste échelle, nous intervenons à ce moment-là ; et si nous réussissons, nous savons que Motul nous suivra fnancièrement dans la multiplication des actions.»   

Vous serez aussi intéressé par