Migrants

Feuille de route pour l’accueil de familles réfugiées

Un dispositif bien rôdé, appuyé par une feuille de route, permet ainsi aux comités d’assurer avec succès l’accueil et la mise à l’abri des familles réfugiées, dont les premières commencent aujourd’hui à atteindre l’autonomie. 

Comité citoyen 

  • L’accueil n’est possible qu’avec le soutien d’un noyau dur actif d’une dizaine de bénévoles de proximité qui assureront une permanence auprès de la famille pendant au moins un an.
  • Organisation du comité en commissions: Administration, Affaires sociales, Scolarité, Hébergement et équipements, Finances, Vie sociale. Désignation d’un coordinateur et d’un trésorier.
  • Mise en place d’une permanence  auprès de la famille grâce à un roulement hebdomadaire des équipes.
  • Intervention en binômes pour permettre un regard critique sur les accueillants et éviter les comportements intrusifs.
  • Il existe des formations à destination des bénévoles pour l’enseignement du Français Langue Etrangère et l’accueil des migrants (FLE, CIMADE, etc).

Financement

  • 3000 euros permettent d’assurer l’arrivée et la mise en sécurité d’une famille, mais prévoir une aide financière sur la base du RSA jusqu’à ce que l’accès aux aides sociales soit assuré, ce qui prend au moins 6 mois. Un soutien financier ponctuel peut être nécessaire pendant un ou deux ans. Sur 2 ans, le budget par famille peut atteindre 10,000 euros.  
  • La cagnotte peut être constituée grâce à l’organisation de manifestations festives Levée de fonds (fêtes, chorales concerts publics) ou à l’obtention de subventions municipales, de diverses associations, ou de dons individuels).
  • Pour assurer le ravitaillement : le Secours Populaire et les Restos du Cooeur permettent d’assurer leur autonomie vêtements et nourriture en attendant la régularisation et l’accès aux aides (RSA, APL et allocations familiales).

 

Logement 

  • C’est le poste capital qui permet l’accueil, et le « nerf de la guerre » pour les comités qui sont confrontés à des loyers élevés et doivent s’’assurer que le nombre de personnes est compatible avec le logement.
  • Trois possibilités sont à explorer : la capacité et la volonté de la mairie à mettre  un logement vacant à disposition, dont le loyer peut être offert au cours de la première année, l’existence de logements pouvant être mis à disposition par les paroisses, et enfin le parc privé en passant en priorité par le réseau d’entraide mis en place par le comité. 
  • La cagnotte récoltée permet d’équiper le logement (meubles, électroménager, literie, linge de maison, vaisselle)et de régler les premiers loyers. Loyer, équipement : Cagnottes, subventions, collecte
  • Prévoir une permanence bénévole e.t des Interventions techniques dans le bâtiment (branchements, dépannage, vérification de l’électroménager, installation et suivi de la connexion internet.

 

Mobilité 

  • Pour les familles installées en zone rurale, où les services publics sont éloignés, l’absence de véhicule est  pénalisant. L’importance des démarches administratives et la forte sollicitation des bénévoles pour assurer les déplacements quotidiens rend le soutien à l’achat d’une voiture et au passage du permis souvent incontournable.
  • En attendant que la famille soit motorisée, identifier et lister les bénévoles et les personnes du voisinage qui peuvent assurer les déplacements incontournables : aux Restos du Cœur, à la Préfecture, etc.
  • La cagnotte permet de rembourser les frais des déplacements en cas de longs trajets.

 

Enseignement

  • Un certain nombre de réfugiés sont analphabètes, la plupart des familles ne sont pas francophones. L’alphabétisation et l’apprentissage de la langue conditionnent l’insertion des réfugiéset sont un préalable incontournable à la recherche d’emploi : elles justifient un investissement particulier des bénévoles et des associations, qui assureront un suivi individualisé en complément des cours obligatoires délivrés par l’OFII en proposant : cours de FLE, ateliers sociolinguistiques, cours particuliers et soutien scolaire.
  • L’implication du corps enseignant dans l’intégration des enfants est nécessaire afin de résoudre les démêlés administratifs avec l’Education nationale, de sensibiliser et de mobiliser le groupe scolaire à l’accueil des enfants réfugiés.
  • Plus les enfants sont jeunes, plus ils apprennent la langue rapidement : en quelques mois, un enfant de CP bien intégré peut maîtriser le français. L’intégration des enfants est toujours plus facile que celle des adultes et est un accélérateur de l’intégration des familles.
  • On remarque que beaucoup de bénévoles sont des retraités de l’Education Nationale, mais les habitants et les voisins ont tous la possibilité de jouer un rôle dans cet apprentissage : en mettant par exemple en place un soutien scolaire pendant l’été notamment pour les enfants abordant le CP.

 

Recherche d’emploi 

  • Une fois assurée la mise à l’abri des familles, et l’acquisition d’une maîtrise minimum de la langue parlée, l’accès à l’emploi est la principale difficulté rencontrée par les réfugiés.
  • L’aide des associations, chantiers d’insertion et organismes spécialisés est incontournable, mais il ne faut pas négliger l’importance du réseau.
  • Le comité assure les contacts avec Pole Emploi, la mission locale pour l’emploi des jeunes, aide à la rédaction des CV, etc.
  • Les comités s’attachent à guider les réfugiés vers la compréhension du marché de l’emploi et de ses règles et la recherche d’un emploi déclaré.

 

Aide administrative 

  • Régularisation, déplacements à la préfecture, dossiers OFPRA, ouverture d’un compte bancaire, CMU, RSA, Assurances (maison, incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile, scolaire etc), APL, CAF, inscriptions scolaires : l’accompagnement administratif des bénévoles est un poste lourd de l’accueil des familles et occasionne souvent des démêlés administratifs.
  • Prévoir des échanges, courriers et déplacements nombreux
  • Recourir à l’aide et aux compétences de la CIMADE qui assure des permanences juridiques).

 

Vie sociale

  • La reconstitution d’un réseau social a une importance particulière pour les populations  réfugiées, qui peuvent vivre cet impératif comme une véritable urgence. Favoriser la création d’un réseau implique d’entourer les familles mais surtout de   valoriser les compétences des réfugiés et d’en faire bénéficier les autres en leur permettant de s’impliquer eux-mêmes dans la vie sociale locale.
  • Jardins partagés, repas partagés, cours de langues étrangères délivrés par les réfugiés favorisent la collaboration et équilibrent les échanges. Plus encore que les cours de langue, les ateliers sociolinguistiques favorisent l’expression personnelle et les contacts.
  • Prévoir un accompagnement initial à la découverte des voisins et de l’environnement immédiat et une fête de village ou de quartier pour fêter l’arrivée des familles.   
  • Trouver la bonne distance : répondre au besoin de socialisation des familles sans empiéter sur leur intimité ni faire preuve de paternalisme.

 

Santé

  • La santé constitue un poste important de l’accueil de familles ayant traversé des épreuves physiques et psychologiques importantes. Les sollicitations à cet égard peuvent sembler lourdes au début : elles supposent la patience et la bienveillance des bénévoles, étant donné les possibles traumatismes vécus.
  •  Une attention particulière est accordée à l’accès à la CMU, au protocole vaccinatoire, à l’organisation de consultations médicales, dentaires, un accompagnement peut être nécessaire en pharmacie.