Une femme pendant un cours d'autodéfense.

Les Lauriers

« Faire Face » aux violences contre les femmes

Pour aider les femmes à se réapproprier les espaces publics dans lesquels elles ne se sentent plus en sécurité, l’association « Faire Face », en parallèle de son cœur d’activité qui est l’autodéfense pour femmes et adolescentes, propose de mener des diagnostics participatifs afin d’étudier avec des habitantes des réaménagements possibles pour leur quartier.

L'autodéfense pour tous

Créée en 2007 à Toulouse, « Faire Face » se fixe comme premier objectif la diffusion d’une méthode d’autodéfense mise au point au Québec et adaptée à toutes les femmes, quel que soit leur âge ou leur condition physique. L’équipe de l’association est composée de 5 animatrices qui proposent, en plus de leur activité professionnelle, des stages le soir et le week-end ainsi, que des ateliers de sensibilisation. Cette méthode « Fem Do Chi » propose aux femmes des outils et des stratégies qu’elles peuvent choisir selon leurs vies, leurs personnalités, leurs capacités et les situations auxquelles elles sont confrontées. Elles peuvent ainsi se protéger des violences, les éviter ou les désamorcer par des stratégies d’autodéfense verbales, mentales, émotionnelles ou physiques. En 2016, 550 femmes et 40 adolescentes ont été touchées en Haute-Garonne et en région.

Marches Exploratoires

Depuis 2015, Faire Face met aussi en place des « marches exploratoires ». Le principe ? Accompagnées par l’association, des habitantes d’un quartier prioritaire déambulent dans les rues et partagent leurs stratégies : rues à éviter, itinéraires, horaires, comportements pour se sentir plus à l’aise,… Les participantes établissent ensuite un diagnostic collectif qui formalise les enseignements de cette expertise de terrain pour permettre de se réapproprier l’espace. Des propositions concrètes en découlent et sont soulevées avec des partenaires institutionnels et associatifs : améliorer l’éclairage public, créer un espace de sociabilité dans le quartier ou couper une haie qui isole visuellement un jardin public de la rue, lui donnant un aspect peu sécurisant pour les femmes. Expérimenté sur 2 ans et demi, ce dispositif séduit à la fois les habitantes concernées et les municipalités.

Twitter Card de l'association Faire Face, laurier 2017.

Des quartiers passés au crible

Le dispositif des marches exploratoires s’est développé en 2016, avec l’organisation de 3 diagnostics en Haute-Garonne, dont 2 à Toulouse. Au total, 38 habitantes de quartiers prioritaires se sont mobilisées autour d’acteurs institutionnels, aboutissant à 64 propositions concrètes pour améliorer le vivre ensemble. Et la démarche fait des émules : d’autres quartiers ont déjà été identifiés.

Jennifer Quintas, coordinatrice du projet

« Les stratégies mises en place par les habitantes de certains quartiers pour éviter telle ou telle rue révèlent un isolement et une désappropriation de l’espace public dans lequel elles évoluent. Ces marches contribuent à décloisonner les quartiers via des solutions co-construites entre les habitantes, les services de la ville et les associations de proximité »

Logo des lauriers 2017.

un projet exemplaire

Le projet de Faire Face a été financé par la Fondation de France dans le cadre du programme Habitat.

Il a été récompensé d'un Laurier régional en juin 2017.

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