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Portrait de philanthrope

Fabienne Clauss, hommage aux hommes de l’ombre

Hommage aux hommes de l'ombre

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Comment affronter une disparition, lui donner du sens, apprendre à vivre ensuite ? Après l’accident qui coûta la vie à l’himalayiste Benoît Chamoux au Népal, son épouse Fabienne Clauss a sans doute choisi la façon la plus noble et la plus généreuse. Benoît Chamoux a entamé l’ascension de son quatorzième sommet de plus de huit mille mètres, le Kangchenjunga, le 5 octobre 1995, accompagné de son cameraman Pierre Royer et de Riku, leur sherpa d’altitude. Pierre et lui ne redescendront pas ; Riku trouvera également la mort. Lorsqu’elle se rend sur place, Fabienne Clauss découvre le sort de ces guides qui prennent tous les risques et dont beaucoup disparaissent, laissant veuves et orphelins totalement démunis. Fabienne Clauss prend en charge l’épouse de Riku et ses deux filles, puis décide de créer en mars 1996 la Fondation Benoît Chamoux pour aider ces femmes très pauvres, souvent analphabètes, à élever dignement leurs enfants. Elle choisit d’abriter sa fondation sous l’égide de la Fondation de France, gage de sérieux et de fiabilité. Elle forme un comité de soutien et, avec ses membres, développe un système de parrainage, commence à lever des fonds et parvient à collecter la somme nécessaire à l’aventure.

La fondation fête aujourd’hui ses 22 ans et accompagne chaque année un ou deux nouveaux enfants. « Je n’ose pas m’engager pour davantage. Je réunis en amont l’argent nécessaire à toute leur scolarité car il serait inimaginable de les abandonner en cours de route ». Sont ainsi payés l’école privée, l’internat, les soins… Avec de vraies victoires à la clé. L’une des protégés est aujourd’hui en master en technologies géospatiales, un autre en ingénierie civile, une autre encore est devenue kinésithérapeute. La fondation a également permis de créer une communauté ; les familles échangent, se soutiennent.

Artiste reconnue, Fabienne Clauss continue de consacrer une bonne part de son temps à la fondation et se rend régulièrement au Népal. Elle vient de recevoir le Honorary Membership de la part de l’Himalayan Trust fondé par Sir Edmund Hillary pour la qualité de son engagement et sa pérennité. La plus belle et la plus émouvante des récompenses assure-t-elle. La plus justifiée aussi.