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Portrait de philanthrope

Fabienne Clauss, 25 ans aux côtés des enfants de Sherpas

19/03/2021
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Comment affronter une disparition, lui donner du sens, apprendre à vivre ensuite ? Après l’accident qui coûta la vie à l’himalayiste Benoît Chamoux au Népal, son épouse Fabienne Clauss a sans doute choisi la façon la plus noble et la plus généreuse de réagir. Benoît Chamoux a entamé l’ascension de son quatorzième sommet de plus de huit mille mètres, le Kangchenjunga, le 5 octobre 1995, accompagné de son cameraman Pierre Royer et de Riku, leur sherpa d’altitude. Pierre et Benoît ne redescendront pas ; Riku trouvera également la mort.

Lorsqu’elle se rend sur place, Fabienne Clauss découvre le sort de ces guides qui prennent tous les risques et dont beaucoup disparaissent, laissant veuves et orphelins totalement démunis. Fabienne Clauss prend en charge l’épouse de Riku et ses deux filles, puis décide de créer en mars 1996 la Fondation Benoît Chamoux pour aider ces femmes très pauvres, souvent analphabètes, à élever dignement leurs enfants. Elle choisit d’abriter sa fondation à la Fondation de France, gage de sérieux et de fiabilité. Elle forme un comité de soutien et, avec ses membres, développe un système de parrainage, commence à lever des fonds et parvient à collecter la somme nécessaire à l’aventure.

La fondation fête aujourd’hui ses 25 ans et accompagne chaque année un ou deux nouveaux enfants. « Avant de m’engager avec d’autres enfants orphelins, je réunis en amont l’argent nécessaire à toute leur scolarité car il serait inimaginable de les abandonner en cours de route. Je m’assure de pouvoir les accompagner au moins pendant 12 ans ». Sont ainsi payés l’école privée, l’internat, les soins… Avec de vraies victoires à la clé. Parmi les protégés de la Fondation Benoît Chamoux, on trouve une ingénieure en technologies géospatiales, un autre est ingénieur civil au Népal, une autre de ses protégées est devenue kinésithérapeute, deux sont infirmières. Fabienne se plaît à raconter aussi le destin d’un de « ses enfants », un peu indiscipliné et qui aujourd’hui, a réussi à se faire financer un bachelor par l’Armée américaine, car il voulait à tout prix faire ses études aux Etats-Unis.

Au fil des ans, la fondation s’est bien implantée dans la communauté sherpa, les familles échangent, se soutiennent.

Fabienne Clauss continue de consacrer une bonne part de son temps à la fondation et se rend régulièrement au Népal. Elle a reçu le Honorary Membership de la part de l’Himalayan Trust fondé par Sir Edmund Hillary pour la qualité de son engagement et sa pérennité. La plus belle et la plus émouvante des récompenses assure-t-elle. La plus justifiée aussi.