La Tour Eiffel aux couleurs nationale après les attentats.

Urgences

Life for Paris : pour que la vie continue

Un an après la tragédie, Caroline Langlade, rescapée du Bataclan et à l'époque présidente de « Life For Paris », une association pour « réparer les vivants » qui s’est créé juste après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, revient sur le travail de cette structure soutenue par la Fondation de France.

Comment est née Life for Paris ?
Au lendemain des attentats, nous avons ressenti le besoin de nous retrouver : les rescapés, les familles des victimes, les voisins qui sont venus apporter des premiers soins mais aussi les secouristes et les médecins mobilisés ce soir-là. Beaucoup voulaient rencontrer l’anonyme qui l’avait aidé, retrouver le blessé qu’il avait sauvé,… « Life for Paris » est né le 1er décembre. C’est aujourd’hui la plus importante association de victimes du 13 novembre avec plus de 750 membres.
 
Quelles actions menez-vous ?
En priorité, nous créons du lien social, d’abord via un compte Facebook privé où nous communiquons beaucoup entre nous. Une vraie solidarité s’est créée. Quand un membre publie un post pour dire qu’il va mal, il reçoit systématiquement des dizaines de messages de soutien. Beaucoup ont des difficultés à reprendre une vie sociale « normale ». Malgré l’envie, aller à un concert ou boire un verre en terrasse reste une épreuve pour de nombreux témoins et victimes. Souvent, le groupe permet d’organiser une sortie à plusieurs pour surmonter son angoisse.
 
Quels autres accompagnements propose Life for Paris ?
Monter son dossier de Sécurité Sociale, comprendre le fonds d’indemnisation, se constituer partie civile, trouver un avocat,… La France possède de nombreux dispositifs mais il est parfois difficile de s’y retrouver. Nous proposons donc un accompagnement dans toutes ces démarches. Nous nous battons aussi pour faire reconnaître les blessures psychiques au même titre que les blessures physiques. La question du stress post-traumatique est aussi très présente : chez certains, il provoque des pathologies cardio-vasculaires qui apparaissent seulement aujourd’hui.
 
Quelle aide avez-vous obtenu de la Fondation de France ?
Life For Paris a reçu deux dons de 20 000€, qui couvrent une part importante de notre budget de fonctionnement. Cela nous permet de salarier deux personnes à mi-temps et de financer les opérations que nous menons, comme des pique-niques de rencontres, des sorties au zoo pour les enfants des victimes, ou encore une fête des voisins avec les habitants des Xe et XIe arrondissements, frappés par les attentats. Les 12 membres du Conseil d’administration de l’association sont tous bénévoles et consacrent l’essentiel de leur temps à nos actions.
 
Quels sont vos projets ?
Life for Paris existera tant que des gens auront besoin de nous. C’est-à-dire pendant plusieurs années encore. Dans l’idéal, nous aimerions salarier 4 personnes à temps plein pour mieux répondre aux très nombreux besoins. Récemment, nous avons créé un badge « Life for Paris » qui a suscité un grand enthousiasme auprès de membres, de 15 nationalités différentes. Partout dans le monde, ils le portent comme la cicatrice visible de leur traumatisme. Un don de 100€ permet d’en financer et d’en envoyer 200 !