Pendant leur balade en forêt, les enfants font une pause

Cap au vert

Enfants malades, handicapés ou valides… en vacances, pas de différences !

20/02/2019

Des enfants diabétiques, atteints de pathologies cardiaques ou malentendants... qui partagent des activités sportives avec des enfants en bonne santé pendant leurs vacances ? C’est l’objet du programme Cap au Vert de la Fondation de France, qui organise des séjours en partenariat avec l’UCPA. Une proximité à laquelle les enfants ne sont pas habitués, dans une ambiance ludique, qui contribue à changer les représentations mentales sur le handicap ou la maladie et favorise l’ouverture d’esprit comme l’acceptation de la différence.

Grégoire Monteil-Tardivel a été animateur lors de séjours d’enfants et d’adolescents sourds et malentendants au centre UCPA de la Plagne-1800, organisés durant l’été 2018 par l’ANPEDA[1]. Il témoigne sur le changement de regard porté par les enfants valides sur leurs camarades déficients auditifs.

Être et faire ensemble, remède pour combattre les préjugés

« Qu’il s’agisse de rafting, de football, de randonnées en montagne, de VTT ou de natation, les jeunes ont suivi le même programme. C’est un moyen de démontrer à tous que le handicap n’est pas forcément un frein pour faire du sport et s’éclater ensemble ! Je pratique la langue des signes et mon rôle consistait à apporter l’accompagnement nécessaire aux ados sourds et malentendants pour qu’ils participent pleinement à toutes les activités du centre.

Des séjours qui ouvrent l’esprit et qui favorisent l’entraide

Lors de la 1ère soirée, les enfants bien-portants étaient un peu surpris, forcément, de me voir tout traduire à certains de leurs camarades en langue des signes ! Les adolescents sont rarement confrontés au handicap dans leur vie quotidienne, et cette méconnaissance peut générer des peurs légitimes et des interrogations sur la façon de se comporter. Leur 1er réflexe pour communiquer avec les jeunes sourds était de parler très fort ou de faire de grands mouvements de bouche ! On leur a expliqué qu’il suffisait de parler de manière naturelle, car la plupart des personnes malentendantes ont appris à lire sur les lèvres. Petit à petit et de manière assez spontanée, ils ont trouvé des moyens pour communiquer : écrire sur leur portable notamment ! Je leur ai également proposé une initiation à la langue des signes : apprendre à dire bonjour, à épeler son prénom, etc. ils se sont vite pris au jeu !

Très naturellement, ils ont adopté des réflexes d’entraide, comme par exemple réveiller leurs camarades qui ne pouvaient pas entendre sonner le réveil. Ils ont également découvert que le handicap pouvait permettre de développer des talents spécifiques. Nous avons organisé un jeu dans lequel chacun devait mimer un mot écrit sur un papier pour le faire deviner aux autres. Les jeunes sourds sont particulièrement doués pour le mime car leur handicap les a conduits à développer cette faculté. Du coup, ils étaient très sollicités par leurs camarades valides pour faire partie de leur équipe ! »

Pour les enfants malades ou handicapés, un boost de confiance en soi

Véritable bouffée d’oxygène loin des parents et hors du quotidien, les séjours Cap au vert permettent aux enfants malades de prendre confiance en eux et de développer leur autonomie : toilette, couchage, etc. On fait comme les copains, dans un cadre qui reste sécurisé ! « Notre fille est ravie de sa colonie de vacances et des activités pratiquées : du poney, de la mini moto et du quad. (…) Et depuis le retour, c’est plus simple de faire les piqûres », témoigne ainsi la maman d’une petite fille soignée par hormone de croissance, partie en octobre 2018 en colonie de vacances adaptée au Château de Theix (organisée par l’association Grandir).

« Ainsi ces séjours sont bénéfiques pour les enfants malades comme pour les enfants bien portants. Les vacances ordinaires en colonie, loin du cocon familial, leur permettent de voir qu’ils peuvent faire les mêmes activités et partager les mêmes moments ! C’est une expérience forte qui les aide à grandir ! » résume Sophie Lasserre, responsable du programme à la Fondation de France.


[1] ANPEDA : Association Nationale de Parents d’Enfants Déficients Auditifs

 

Cap au vert en images

Antoine, un adolescent atteint de trisomie 21, raconte son séjour au ski avec des jeunes souffrant de la même maladie et des jeunes bien-portants. Un projet soutenu par la Fondation de France et porté par l'association Trisomie 21 à l'UCPA de Val Thorens.

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Cap au vert, c'est...

De la mixité : les enfants « font ensemble »
Des activités sportives variées, en toute sécurité
Un encadrement médical adapté
 
Depuis 1994, près de 2 000 enfants ont mis le « cap au vert » !