Jeunes

En Sud-Ouest, les Déclics jeunes 2019 se conjuguent au féminin

30/09/2019

Capucine Blanchard, Maylis Dartigue et Sidonie Milon : retenez ces noms ! Ce sont ceux de trois talentueuses jeunes femmes du Sud-Ouest, lauréates 2019 du concours Déclics jeunes. Rencontres.

Quel est le point commun entre un chevreuil, le Sri Lanka et un jeu de société… ? Les Déclics jeunes ! Difficile de penser que des projets et des parcours aussi différents que ceux de Capucine, Maylis et Sidonie auraient pu un jour se croiser. Mais grâce la soirée Déclics jeunes, ces 3 lauréates ont pu présenter leur projet, raconter leur histoire et échanger sur leurs expériences.

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De gauche à droite : Sidonie, Capucine et Maylis

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Originaire de Castres sur Gironde, Capucine est une rescapée d’un accident de la route. Cette épreuve, bien que longue et douloureuse, a pourtant réveillé en elle sa passion de toujours : l’illustration et la bande dessiné. À travers son projet Putain de chevreuil, Capucine a dessiné son parcours avec talent, patience et résilience : cinq ans de vie dans un roman graphique écrit avec humour et légèreté. D’abord thérapie personnelle, ce roman – en cours de finalisation – est également destiné à être partagé grâce notamment à la dotation Déclics jeunes. À l’avenir, Capucine aimerait concevoir un guide pour accompagner d’autres accidentés de la route et faciliter leur convalescence, tout en ouvrant le dialogue à la question de la souffrance et du handicap. « Pour moi l’expérience Déclics jeunes est avant tout synonyme de partage, confie-t-elle. Tous les autres Lauréats portent des projets magnifiques et inspirants et c’est un véritable gage de reconnaissance que de compter parmi la promotion 2019».

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Landaise de cœur et d’adoption, Maylis est originaire du Sri Lanka où elle fut adoptée à l’âge de quelques semaines. En 2013, elle a 24 ans quand elle décide de découvrir sa terre natale accompagnée de sa caméra et d’une amie. « Au départ, je voulais simplement faire un film sur le pays, je ne pensais pas du tout que ce projet me conduirait à ma famille biologique ». Au bout de quelques jours pourtant Maylis retrouve sa mère biologique ainsi que ses frères et sœurs et son projet cinématographique se trouve alors radicalement changé : « ce film Sri Landaise m’a permis de me reconstruire avec cette nouvelle réalité, cette double identité, de retrouver ma place ». Mais le projet de Maylis, soutenu par les Déclics jeunes, ne s’arrête pas seulement à la quête de soi, il comporte également une dimension existentielle : « j’espère que ce travail autour de l’adoption internationale et la notion de filiation pourra un jour servir de documentation dans le cadre d’une réflexion sociétale sur ces sujets. Je fais aussi cela pour que les autres adoptés et moi-même puissions entrer en résilience : même si nous avons été recueillis, nous partageons une histoire collective douloureuse de l’abandon et du déracinement ».

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Installée à Toulouse, Sidonie est quant à elle diplômée en didactique visuelle, domaine qui la passionne littéralement. « La didactique visuelle est une forme de design, presque une éthique : un design au service de la pédagogie par l’image, de la transmission des sciences des savoirs et des arts. Pour moi c’est une véritable vocation ». Cette vocation, elle la met au service des plus petits dans le cadre du soutien scolaire qu’elle effectue bénévolement. « Cette expérience m’a fait prendre conscience que les outils pédagogiques mis à disposition ne sont pas adaptés aux enfants qui arrivent en France et ne parlent pas la langue ». C’est de ce constat que va naître son projet DIMOA : un jeu de société qui aide les jeunes allophones de 4 à 15 ans à apprendre la langue française. Le jeu de cartes qu’elle conçoit avec l’aide d’illustratrices permet l’appropriation des règles de grammaire et du vocabulaire à travers 800 mots illustrés sur l’école, la santé, le sport... « Je voulais concevoir un jeu qui puisse non seulement être utilisé dans toutes sortes de structures (écoles, associations, centres d’accueil etc.) mais qui puisse également s’adapter aux différences d’âges et niveaux d’apprentissages de chacun ». Un défi que la jeune toulousaine a relevé avec créativité et persévérance, et qui se voit aujourd’hui récompensé. « Grâce aux Déclics jeunes, j’ai pu structurer et prendre du recul sur mon projet. Quand on travaille durant 2 ans sur son temps libre et bénévolement, il n’est pas rare d’avoir des doutes et des remises en question. Être lauréate de ce concours est donc extrêmement rassurant et valorisant. »

Depuis la Gironde, la Charente-Maritime ou encore la Haute-Garonne, Capucine, Maylis et Sidonie, nous donnent un bel exemple de résilience, d’audace et de créativité. Nous souhaitons à nos 3 lauréates une réussite aussi épanouissante que méritée.  

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Retrouvez les temps forts de la cérémonie Déclics jeunes du 24 septembre 2019 au 104 à Paris. À cette occasion, une vingtaine des projets innovants portés par des jeunes de 18 à 30 ans étaient récompensés.

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