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Philanthropie

Education : une rentrée sous le signe de l’engagement

La générosité n’attend pas le nombre des années. De plus en plus de jeunes s’engagent dans des actions de solidarité, de plus en plus d’enseignants intègrent l’action philanthropique à leur démarche pédagogique. Regard sur un mouvement de fond.

100 000 ! C’est le nombre de jeunes de 16 à 25 ans engagés dans un Service civique en 2020, alors que le dispositif fête cette année ses 10 ans. « Soit un jeune sur huit, » souligne Marc Germanangue, directeur général adjoint  et directeur pédagogique de l’Institut de l’Engagement. L’Institut propose un accompagnement individualisé pour des lauréats issus du Service civique, afin de les aider à saisir les opportunités professionnelles ouvertes par leur engagement. « En moyenne, le service civique représente une expérience de 8 mois, en association ou institution publique, explique-t-il. Une expérience qui transforme ces jeunes, qui donne du sens à leur vie, qui leur ouvre de nouvelles portes… Et le suivi de nos « anciens » montre que la plupart continue de s’impliquer pour l’intérêt général ! »

Cette appétence pour l’engagement solidaire peut se construire bien en amont, dès l’école élémentaire. C’est la conviction qui anime L’Ecole de la philanthropie, qui propose un programme clef en main et des ressources en ligne pour les enseignants, pour initier les plus petits à la philanthropie. 2 500 d’entre eux se sont déjà inscrits, bénéficiant ainsi d’un  accompagnement structuré pour développer la solidarité…

Devenir philanthrope, un apprentissage

Développer une action, un projet philanthropique à l’école, c’est en premier lieu inciter chaque élève à s’intéresser aux grandes questions de société : les inégalités, la pauvreté, l’environnement, l’accès à l’éducation, l’isolement, etc. « Et ainsi développer l’ouverture au monde et l’esprit critique dès l’âge de 8 ou 10 ans… des qualités qui seront précieuses pour toute la scolarité de l’enfant et sa vie d’adulte », explique Carole Réminny, déléguée générale de L’École de la philanthropie. Le choix d’un projet philanthropique est toujours une excellente occasion d’introspection : quelles sont les valeurs, les priorités qui comptent le plus pour moi, pour nous ? Et quand viennent la phase pratique de cet apprentissage et le moment de réaliser son projet, les enfants prennent aussi conscience qu’une action de solidarité doit être bien pensée : « faire le bien » n’est pas toujours simple, il importe de « bien le faire » et d’analyser finement les besoins des futurs bénéficiaires, les leviers de succès de l’action, l’interaction avec d’autres acteurs, etc.

Au-delà de l’intérêt individuel de cette démarche, l’initiation à la philanthropie permet aussi de faire vivre le collectif de la classe. Basée sur la « pédagogie de projet », l’éducation à la philanthropie permet de donner du sens aux apprentissages, de mobiliser différentes disciplines au service d’une action qui fédère le groupe. « Penser et mettre en œuvre une action de solidarité permet de déployer des compétences et des aptitudes hors du champ purement scolaire : initiative, créativité, négociation, coopération… C’est un ciment puissant pour le groupe, et un sujet de fierté collective », explique Véronique Adda, conseillère pédagogique. Une dimension qui manque encore beaucoup à l’enseignement « à la française ». D’après l’étude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de 2015, « les élèves français sont moins performants en résolution collaborative de problèmes que ne le laisseraient penser leurs performances en sciences, en compréhension de l’écrit et en mathématiques. » Alors qu’un nombre croissant d’emplois exigent de fortes compétences sociales ! « Les employeurs sont de plus en plus sensibles aux aptitudes et aux savoir-être développés au travers d’un engagement solidaire. Le taux de 90 % d’insertion de nos lauréats en témoigne », confirme Marc Germanangue.

Aujourd’hui, plus que jamais

Considérer l’expérience de la philanthropie comme un apprentissage à part entière, c’est aussi défendre une certaine vision de la citoyenneté et un projet de société. Une éducation civique concrète prépare une démocratie plus vivante. Une société dans laquelle  chaque citoyen se sent le devoir et le pouvoir d’agir sur son environnement. Comme le défend l’essayiste Mathieu Ricard : « Si nous incitons (les jeunes) à s'engager dans la coopération, nous sommes plus susceptibles de favoriser une société plus compatissante, plus ouverte et plus tolérante (…) Une société coopérative ».

Partout en France, les enfants ont vécu cette rentrée scolaire « au temps du covid ». Si l’épidémie semble les épargner sur le plan sanitaire, l’impact de la crise est néanmoins important. En termes de décrochage scolaire pour les plus vulnérables, mais aussi en terme psychologiques. « Les enfants se sont montrés très sensibles à ce qui se passait, et notamment au sort des aînés, des soignants, des éboueurs ou des caissières. Beaucoup ont voulu les soutenir, mais se sont parfois sentis impuissants. Voire anxieux face à une menace invisible, un virus qu’ils pouvaient transmettre à ceux qui leurs sont cher , souligne Carole Réminny. Plus que jamais, dans ce contexte de crise, il est indispensable d’outiller les jeunes.  Or face à l’incertitude, passer à l’action est sans doute le meilleur antidote à l’anxiété, et le ferment de la confiance en soi. »

Jeunes philanthropes : la Fondation de France les accompagne

Avec l’Ecole de la philanthropie

Depuis près de 10 ans, l’association (portée depuis 2011 par les Fondations Edmond de Rothschild et la Fondation de France),propose aux enseignants de CM1 et CM2 un programme pédagogique clef en main, pour accompagner les élèves dans le développement d’une action d’intérêt général. Les ressources de ce dispositif sont accessibles gratuitement à l’ensemble des écoles élémentaires de France. Pour cette rentrée, L’École de la philanthropie a conclu un partenariat avec le journal Mon Quotidien, journal destiné aux 10-14 ans.

Avec les Déclics Jeunes

Créé grâce à la donation des œuvres d’art de Léon Salavin et Jeanne Fournier, le concours Déclics jeunes soutient des projets innovants et solidaires portés par des jeunes de 18 à 30 ans. Depuis sa création en 1975, le concours Déclics jeunes a encouragé et permis à près de 1000 lauréats de prendre leur envol, en les aidant à réaliser leur vocation dans les domaines les plus divers : arts, sciences, techniques, action sociale, humanitaire, environnement… Cette année, le concours bénéficie du soutien de l’Institut de l’Engagement.