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Interview

Dr Véronique Maguer Satta, co-présidente du Comité Cancer de la Fondation de France

Docteur Véronique Maguer Satta, bonjour. Vous êtes co-présidente du Comité Cancer de la Fondation de France. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre rôle ?
 
Mon rôle est de présider le comité dans l’organisation de l’appel d’offre, de la réflexion sur la thématique choisie jusqu’à la sélection des projets à soutenir. Je travaille conjointement avec un second président de comité, le Pr Norbert Vey, et Solange Guenez, responsable Fonds Individualisés et Programmes Recherche et Enseignement de la Fondation de France.

Les projets retenus doivent être en adéquation avec la thématique de soutien définie, à savoir, mieux comprendre les mécanismes de résistance aux traitements, pour pouvoir en proposer de plus efficaces avec de nouvelles approches thérapeutiques, de nouvelles molécules, de nouvelles stratégies… et progresser dans la prise en charge des patients. 

La sélection est une étape capitale puisqu’il s’agit de financer pendant deux ans plusieurs équipes de jeunes chercheurs prometteurs, ainsi que le fonctionnement de leur projet. 

 
Comment le Comité et vous sélectionnez les projets ?
 
Chaque année, nous recevons près de 80 dossiers. Le comité cancer, composé de 15 membres d’experts bénévoles, issus de toute la France a pour mission de sélectionner les meilleurs projets. Une quinzaine placés en liste principale seront financés et une dizaine d’autres sont inscrits sur une liste complémentaire qui pourront être soutenus si un budget supplémentaire se dégage en cours d’année.
 
Les projets sont sélectionnés en fonction de 4 critères : la qualité scientifique du projet, celle du laboratoire qui l’abrite, de même que l’expertise et les compétences du candidat qui porte le projet. Enfin, la portée et l’impact en matière de santé publique sont primordiaux.
 
En conclusion, chaque projet est évalué en fonction de son potentiel, de ce qu’il est susceptible de nous apporter en termes de connaissance et des éventuelles applications ou pistes de recherche qui pourraient en découler.

 
Quelles sont les avancées que vous avez pu constater depuis que vous vous êtes engagée auprès de la Fondation de France ?  Daprès vous, des progrès significatifs ont-ils pu améliorer la vie des malades ?
 

Vous le savez, les sciences nécessitent toujours du recul pour évaluer les progrès de manière stricte.

Ce qui est sûr, c’est que de grandes avancées d’un point de vue technologique ont permis de revisiter certains dogmes et d’ouvrir de nouvelles perspectives.

La recherche a obtenu des résultats et nous avons pu être plus précis dans nos choix thérapeutiques, mais surtout aller plus loin et plus vite.

C’est ce qui me conforte dans l’idée qu’il faut rester ouvert et donner la possibilité à toutes les hypothèses audacieuses et innovantes d’émerger même si elles ont une approche différente.

Quant aux malades, les progrès de ces dernières années sont essentiellement liés aux diagnostics et aux thérapies ciblées. On se dirige vers une médecine de plus en plus personnalisée et un grand nombre de patients peut aujourd’hui accéder à une phase de rémission et bien vivre pendant des années.

Ce n’est pas encore parfait. Il reste aussi beaucoup d’efforts à faire, notamment au niveau de la prévention et du diagnostic précoce ou encore sur les marqueurs de transformation.

 
 Quattendez-vous des projets soutenus ? En quoi sont-ils particulièrement intéressants ? Quels espoirs apportent-ils ?
 
Bien souvent, les financeurs espèrent « un retour sur investissement » et soutiennent des projets qui restent pour la plupart dans un courant de pensée dite conventionnelle.
 
Alors qu’il est beaucoup plus difficile de financer un projet qui sort de la norme.
 
C’est ici que la Fondation de France se démarque. Son esprit unique nous permet de nous affranchir de cette barrière pour favoriser l’émergence de nouvelles hypothèses et de projets originaux qui parfois n’auraient jamais vu le jour.
  
Et c’est justement pour soutenir ces projets audacieux donnant de nouveaux espoirs aux malades que nous lançons notre Grand Défi 2017 pour la recherche contre le cancer !
La mobilisation de chacun est importante dans la lutte contre cette maladie : chaque don est important, chaque don fait avancer la recherche.
Les 300 000 euros que nous espérons réunir vont pouvoir financer les travaux des chercheurs qui aboutiront peut-être demain à des pistes de traitements efficaces pour tous.

 
Pourquoi est-il important que les donateurs apportent leur soutien à la Fondation de France ? Quelle est notre différence/plus-value par rapport à dautres bailleurs ?
 
La Fondation de France, apporte une approche différente, humaine, multi-thématique qui prend en compte tous les paramètres de la société et pose les vraies questions.
 
Et toujours bien sûr en poursuivant un objectif de santé publique. Nous sommes là pour trouver et financer des projets qui feront avancer les choses.
 
Les financements publics étant limités, la recherche est aujourd’hui dépendante, pour ne pas dire entièrement dépendante de la générosité du public.
 
Sans donateurs, rien ne serait possible !

Les avancées futures reposent essentiellement sur nos capacités à lever des fonds pour soutenir la recherche. Les dons sont donc extrêmement utiles et porteurs d’espoir pour l’avenir.
 
La recherche avance. Nous sommes des chercheurs qui trouvons. Pas aussi vite que l’on voudrait… Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour guérir tous les cancers demain. Néanmoins, nous sommes sur la bonne route et nous avançons et cela grâce à vous.