Dessins d'enfants manouches dans le cadre d'un projet avec l'association Gens du voyage Centre social Les Alliers Angoulême.

Culture & éducation

Dessiner la tolérance

 

Huit histoires en bande dessinée pour la jeunesse, réalisées sur le mode de l’échange entre des enfants gitans et des auteurs de BD totalement gadjo.

Rapprocher des populations par l’écriture

Qu'ils voyagent encore ou non, les gens du voyage rencontrent de multiples difficultés à être reconnus et à trouver leur place dans la société. A Angoulême, le centre social des Alliers accompagne près de 400 familles. La plupart sont installées depuis de très nombreuses années dans les aires de stationnement de l’agglomération en attendant une solution d’habitat pérenne. Parmi les missions du centre, contribuer à la reconnaissance et à la promotion sociale des gens du voyage, lutter contre les préjugés et rejets mutuels entre populations sédentaires et nomades. La marginalisation de cette population a en effet un impact important sur la scolarisation des enfants, leur apprentissage de l’écriture et de la lecture.

Un dispositif professionnel

Le centre a mis en place un projet de réalisation de BD avec et par les enfants. Lors d’ateliers d’écriture et de dessin organisés pendant les vacances scolaires et le mercredi, 32 enfants et adolescents ont pu collaborer avec cinq auteurs professionnels de bandes dessinées qui leur ont fait découvrir les coulisses de la création. Tour à tour, les enfants ont raconté une histoire que les auteurs ont dessinée, et les auteurs ont inventé une histoire que les enfants ont illustrée. En mobilisant également l’école et les familles, l’écriture de cette bande dessinée est créatrice de lien social et d’échanges culturels.
Le livre ainsi crée est édité en 2 000 exemplaires par FLBLB et diffusé partout en France, Belgique, Québec et dans les festivals, notamment celui d’Angoulême.

Lutter contre la discrimination

Fantaisie et tradition, imagination débridée et vie quotidienne sont au rendez-vous de ce drôle de livre multicolore : kangourous-facteurs, les trois petits niglés, les mariages de jumeaux, les escargots et l’histoire de Kalo-Dan, etc. Les enfants ont évolué tout au long du projet. Petit à petit, avec l’aide des intervenants, ils ont appris à maîtriser quelques techniques de dessins tout en laissant s’exprimer librement leur inspiration. Par ce biais, ils ont pu livrer un peu de leur histoire et culture d’enfant du voyage.

Lors du festival d’Angoulême, ils sont venus sur le stand de l’éditeur pour signer les exemplaires, rencontrer le public et ainsi partager leur aventure. Alors que les gens du voyage prennent rarement la parole, ces enfants ont pu s’exprimer en faisant l’acquisition des codes essentiels à leur promotion sociale. A sa manière, cette action a participé à lutter contre les préjugés.
 

« Les gens du voyage prennent rarement la parole. Ici ce sont des enfants et des jeunes qui, accompagnés par des auteurs professionnels, s’expriment à travers une BD publiée par une maison d’édition. »
Stéphane Coudret, directeur du centre social

 

La Fondation de France s’implique

Le soutien a permis de financer l’animation des ateliers, la rémunération des auteurs, l’exposition au Festival international de la BD d’Angoulême, etc.

 

Association soutenue

Association Gens du voyage Centre social Les Alliers Angoulême (16)

Un projet récompensé