Portrait de philanthrope

Denis Mangez : « une autre vie est possible pour les enfants des rues »

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Les voyages forment la jeunesse, ils peuvent aussi susciter de formidables élans de générosité. La preuve avec Denis Mangez qui a arpenté le monde, à titre professionnel et personnel.

« À travers ces voyages, j’ai rencontré des enfants qui vivaient des choses inacceptables. Dans les bidonvilles d’Inde, dans les décharges d’Afrique, dans les quartiers mal famés de Buenos Aires ou de Tanger, beaucoup sont confrontés au travail précoce, à la violence, à l’extrême pauvreté. » Soucieux de les aider, Denis Mangez s’est rapproché de différentes associations – L’Œuvre d’Orient, Terre d’enfants … En 2008, il décide d’aller plus loin. Ancien gestionnaire d’une société financière familiale, il crée sa propre fondation baptisée Tibériade, abritée à la Fondation de France.

Au fil de ces 13 années, Denis Mangez a tissé d’étroites relations avec 17 associations réparties dans 20 pays mais aussi en France, où les populations les plus fragiles n’échappent pas à la misère. Via ces réseaux sur place, ses actions se déploient autour de trois axes. L’éducation tout d’abord, avec la certitude qu’elle constitue l’élément-clé d’une construction de soi dans la liberté et la dignité. La Fondation Tibériade accompagne la création d’écoles, aide à leur fonctionnement et accorde des bourses d’études. Très attachée à une notion d’accueil global, elle tente aussi de trouver des hébergements pour sortir les enfants de la rue, point de départ essentiel pour les aider à se (re)construire. Le futur, justement, constitue le troisième volet des actions de la fondation qui soutient des formations professionnelles et favorise l’accès à la culture. « Nous organisons des ateliers de danse, de théâtre, des activités sportives qui sont des moments forts pour les enfants. Je veux qu’ils comprennent qu’une autre vie est possible. »

Denis Mangez consacre désormais l’essentiel de son temps à accompagner ces associations. « J’y ai rencontré des gens formidables. Nous travaillons sur des projets et je les aide à devenir plus autonomes. Au Burkina Faso, l’une d’elles a créé des ruches dont elle tire un revenu. À Tanger, une autre s’est lancée dans la fabrication de bijoux. Ces activités donnent des idées aux familles et créent un cercle vertueux. » Là encore, une façon de construire demain.