Démocratie et droits humains

Défendre les droits humains, sous toutes les latitudes

21/09/2021

Entrave à la liberté d’expression ou d’association, recul de la liberté de la presse, détention arbitraire, discrimination de genre, déni du droit à l’éducation, à la justice… Partout dans le monde, la cause des droits humains est un combat permanent. Aux côtés des associations et des citoyens, plusieurs fondations agissent pour le respect  de ces libertés fondamentales. Parmi les fondations abritées  à la Fondation de France, certaines ont fait de ce sujet le centre de gravité de leur engagement.

Anne-Marie Hamoud, Fondation Yo et Anne-Marie Hamoud

« Les droits humains dans le monde » 

Créée à l’automne 2019 après le décès de mon époux, la Fondation Yo et Anne-Marie Hamoud a été pensée comme un prolongement des combats qui ont guidé nos vies professionnelles d'avocats. Notre action s’organise autour de trois grandes causes. D’abord le droit à la vie – à la survie –  pour des milliers de réfugiés dérivant en mer, risquant la noyade ou le retour dans les geôles libyennes. J’ai donc choisi d’aider l’association SOS Méditerranée, qui affrète des navires de sauvetage pour protéger les rescapés et témoigne de leur détresse.
Nous œuvrons également pour la défense des droits élémentaires, notamment le droit à un travail digne et à la liberté d’expression. Nous soutenons pour cela deux organisations : la Commission pastorale de la terre au Brésil, qui défend les paysans sans terre, menacés, en lançant des procédures pénales et de droit du travail. Leur enjeu aujourd’hui ? Élargir leur périmètre d’intervention d’un à trois États du Brésil. Et la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), qui protège notamment les défenseurs des droits et les avocats injustement persécutés. La fondation les accompagne dans trois pays différents chaque année : Cambodge, Azerbaïdjan et Iran en 2020 ; Biélorussie, Thaïlande et Algérie en 2021. Enfin, notre troisième axe d’action porte sur les droits des migrants. Nous soutenons Avocats sans frontières qui assiste les réfugiés sur l’île de Samos en Grèce, pour que leurs demandes d’accueil et d’asile soient traitées dans des délais acceptables, et l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) bloqués dans les espaces d’attente des gares, aéroports et ports. 
En partenariat avec la Fondation de France, nous soutenons à la fois des acteurs très expérimentés et des structures moins connues, qui font un travail formidable et indispensable.

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Les équipes de SOS Méditerranée, soutenues par la Fondation Yo et Anne-Marie Hamoud, au secours de migrants. © D.R.

 

Anne Lacoste, Fondation Inkermann 

« Aux côtés des personnes LGBT »

Notre fondation a 36 ans. Elle s’est historiquement engagée aux côtés de la jeunesse : bourses de voyage Zellidja, bourses Déclics Jeunes, soutien à des travaux de jeunes chercheurs… Il s’agissait de donner toutes leurs chances aux jeunes talents, indépendamment de leur situation sociale et familiale.
Nous avons abordé la thématique des droits humains dans les années 90, en soutenant l’association Aides contre le sida. La lutte contre les discriminations est devenue un de nos axes d’actions prioritaires, notamment celles affectant les migrants et les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT). Parmi les dizaines de projets soutenus, citons ceux de l’association Les Bienvenues, qui accompagne des femmes lesbiennes réfugiées, l’association Le Refuge qui porte secours aux jeunes homosexuels mis à la porte du domicile familial, l’Espace santé trans qui lutte pour l’accès aux soins des personnes transgenres, ou encore l’association Grey Pride, qui se bat contre l’isolement et la discrimination des personnes âgées LGBT. Également à notre agenda 2021 : le soutien à l'association Acceptess-T, pour l’aider à ouvrir une maison dédiée à l’accueil de jeunes trans précarisées. Au total, nous avons accompagné en 30 ans plus de 20 associations. Au-delà de la diversité des projets, notre approche associe toujours deux dimensions. Nous choisissons des projets innovants, portés par les personnes concernées, qui sont les meilleurs juges de leurs besoins. Ensuite, nous fonctionnons comme un incubateur. Nous donnons du temps aux projets, grâce à un soutien pluriannuel, mais aussi en accompagnant la professionnalisation des équipes et leur mise en réseau avec d’autres acteurs. La philanthropie a toute sa place pour faire progresser ces causes !

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© Shahzad Abdul / AFP