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Concours Déclics jeunes : 21 lauréats sélectionnés pour leur projet citoyen

Ils sont 21 cette année à bénéficier du soutien de la Fondation de France dans le cadre du concours Déclics jeunes. Vingt-et-un lauréats, âgés de 18 à 30 ans, récompensés hier soir au Quai Liberté, pour leur projet innovant et exemplaire dans tous les domaines de l’intérêt général : éducation, environnement, solidarité, handicap, etc. Parmi eux, l’ouverture d’une ferme aquaponique, la réalisation d’une bande-dessinée pour sensibiliser à la dyslexie ou encore la  création d’un fauteuil vertical pour faciliter la mobilité des personnes handicapées… Cette année, le jury était présidé par Stéphane de Freitas, fondateur de l’association Eloquentia, accompagné par un jury d’experts bénévoles. Les lauréats bénéficient, en plus d’un soutien financier, d’un accompagnement personnalisé grâce aux partenariats noués avec l’Institut de l’engagement et Live for Good.

Portraits des Lauréats 2021

Sophie Baudelet
Projet « Low-Tech & Précarité énergétique : des ateliers pour ouvrir le savoir-faire et réaliser des économies dans l'habitat ! »

Sophie veut créer un cycle d’ateliers Low-Tech (repenser nos technologies pour un monde durable) à destination des personnes précaires. Ces ateliers leur permettront de faire des économies d’énergie et d’eau dans leur habitat, grâce à des solutions techniques simples et auto-construites avec des matériaux recyclés. Sophie a développé la première expérimentation à la Maison des familles auprès d’un public défavorisé avec le Low-Tech Lab de Grenoble. La bourse Déclics jeunes permettra la formation de nouvelles personnes et l’essaimage d’ateliers sur d’autres territoires, en lien avec différents acteurs de la précarité énergétique dans le logement.

Emeric Bossis
Projet « Re-Bon Jura, Still Good Food Du pain, n'en jetons plus une miette ! »

Emeric souhaite, à travers ce projet, collecter les pains artisanaux invendus en Franche-Comté pour les transformer en biscotte, chapelure, croutons, farine, bière, etc. Son objectif : sauver une tonne de pain par semaine (et réaliser une économie de 1 000 litres d’eau par semaine utilisés dans la culture du blé). Le concours permettra à Emeric d’investir dans du matériel pour transformer les pains, communiquer sur son projet et aménager son local.

Lou Chavepayre
Projet « Cobot Art : invention d’une machine à sculpter avec les yeux »
 
ou est quadriplégique. Privée de la parole, elle communique par un ordinateur à commande oculaire. Après avoir exploré plusieurs techniques artistiques hybrides, elle souhaite sculpter. Elle imagine alors un outil, un bras robotisé piloté par le regard, à destination de ceux qui n’ont pas l’usage de leurs mains. Son projet demande à la fois une connaissance fine de l’activité cognitive déployée par un artiste et des compétences en innovation technologique. Lou le  développe en partenariat avec l’Ecole supérieure des technologies industrielles avancées. La bourse permettra à Lou de réaliser un prototype. 

Clément Ferre
Projet « PumpedUp »

Suite à un stage qu’il réalise dans une entreprise spécialisée dans les exosquelettes de rééducation, Clément s’intéresse à la réalisation de ces dispositifs techniques existants pour aider les personnes handicapées. Il décide d’intégrer le  programme « entrepreneurs » de l’Ecole Centrale de Paris pour se lancer dans le projet « PumpedUp », qui vise à créer un fauteuil roulant verticalisateur pour les personnes paraplégiques. Ce fauteuil adapté leur permettra de se mettre  en position debout pour se mouvoir plus facilement et prévenir les escarres. Clément propose un système manuel (sans moteur) qui réduit les coûts et facilite son utilisation. Grâce à la bourse, Clément finalisera un premier prototype.  Suite aux premiers tests, il usinera les pièces nécessaires à la réalisation d’un second prototype.

Célia Guye
Projet « Accessoires d'écriture »

Le projet « Accessoires d’écriture » à destination des personnes qui ont un handicap de la main, consiste à créer des objets qui les aideront à tenir un stylo, qui soient à la fois adaptés à la morphologie de l’utilisateur et perçus esthétiquement comme un bijou, un accessoire de mode. Les premiers prototypes sont réalisés manuellement en métal et Célia souhaiterait les modéliser en 3D pour qu’ils puissent obtenir une forme plus affinée et élégante. La bourse va lui permettre de réaliser les prototypes en résine, procédé utilisé en joaillerie, via une impression 3D.

Gabriella Kern
Projet « Origine »

Gabriella a été adoptée et a retrouvé sa famille biologique. Très vite, elle prend conscience que beaucoup de personnes adoptées n’ont pas eu la même chance qu’elle et créé l’association « Origine» qui aide les personnes adoptées dans leurs démarches de recherche de leur famille biologique et qui leur propose un accompagnement psychologique. Gabriella souhaite également donner des conseils aux parents adoptifs dans le processus des retrouvailles et  sensibiliser le grand public aux questions de l’adoption. La bourse permettra de mettre en place des consultations avec des psychologues pour les personnes adoptées. Elle souhaite doter l’association d’une juriste spécialisée dans les  naissances sous X et d’un service civique pour faciliter les rencontres entre personnes adoptées.

Maxime Lecoq
Projet « Aider à la transformation digitale des producteurs et productrices en circuit court en
développant la coopération entre applications »

Maxime souhaite créer une application pour simplifier la gestion et le suivi de la production maraîchère destinée aux AMAP (distribution du producteur au consommateur). Il a pour ambition de développer également une langue informatique pour que les différentes applications de gestion (juridique, planification, facturation…) coopèrent entre elles. Cette interopérabilité entre logiciels aidera les producteurs à digitaliser leurs pratiques, et donc, à perdre moins de  temps dans la saisie des données. La bourse permettra le lancement d’un prototype fonctionnel, le développement de l’application, sa promotion et la formation des paysans.

Adrien Roggero
Projet « Kultures »

Le projet « Kultures » est une ferme aquaponique (mêlant l’élevage de poissons à la culture de plantes) issue de l’économie sociale et solidaire en Ile-de- France. Adrien la développe pour permettre un système de vente en circuit court et contribuer au développement d’une agriculture urbaine. En complément de la production de fruits, légumes et poissons, il souhaite proposer des activités pédagogiques sur la biologie à destination des écoles et développer des ateliers de formation à destination des citadins sur le monde agricole. La bourse permettra de réaliser une étude technique des systèmes hydrauliques, énergétiques et maraîchers, de régler les frais d’acquisition du terrain et de financer une  recherche juridique sur l’agriculture urbaine.

Rémy Soubirane
Projet « Les électrons de Valence »

Partant du constat qu’apprendre reste complexe lorsqu’on est seul chez soi, Rémy décide de mettre à disposition ses connaissances en électronique et informatique en créant des ateliers itinérants dans le cadre d’activités extrascolaires. L’objectif : permettre à des enfants de 10 à 18 ans vivant en milieu rural dans la région de Valence de découvrir comment fabriquer un robot, l’univers du numérique, de la mécanique et aider les jeunes, passionnés par ces technologies, à mener des projets dans ce domaine. La bourse permettra l’achat de matériel et d’un véhicule utilitaire aménagé en atelier mobile.

Moussa Sylla
Projet « L’industrie des talents »

Après avoir co-fondé l’Association des jeunes pour le développement de Bagnolet, Moussa a lancé le programme « L’industrie des talents », à destination des 16-20 ans pour les aider à trouver leur voie en développant de nouvelles compétences (artistiques, entrepreneuriales, culinaires…) et en valorisant leur expérience sur le terrain. Cet accompagnement se déroule pendant deux ans, avec un mentor pour guider le jeune et des ateliers pour développer son talent.
Grâce à la bourse, Moussa pourra aménager ses locaux, acheter du matériel (ordinateurs, caméras, appareil photo) et recruter une personne pour développer son programme. 

Pierre-Ange Giudicelli
Projet « Les low-techs et l'upcycling face à la pollution plastique en Méditerranée »

Pierre-Ange passe toutes ses vacances en Corse et voit chaque année s’accumuler les déchets plastiques sur les plages. Il crée alors l’association Mare Vivu et rencontre des scientifiques pour savoir comment préserver cette nature sauvage. Il mène plusieurs missions de ramassage avec des jeunes pour les sensibiliser à la réduction des déchets et à la préservation de la biodiversité. Il décide également de travailler avec des scientifiques pour collecter des données et pouvoir caractériser les plastiques collectés dans le milieu sauvage et étudier leur taux de recyclabilité. Pierre-Ange souhaite mettre en place des ateliers collaboratifs pour expérimenter des solutions d’upcycling des déchets plastiques.
Grâce à la bourse, Pierre-Ange mettra en place un site pour accueillir le public : des scolaires pour leur expliquer la pollution plastique et vulgariser le recyclage des déchets ; des artistes, artisans ou techniciens pour trouver des solutions de transformation des déchets collectés ; et enfin l’installation de machines low-tech pour recycler certains plastiques.

Athénaïs Didierjean
Projet « Fabrique du sentiment d'échec / Tous dyslexiques »

Diagnostiquée dyslexique, dysorthographique et dyscalculique quand elle était enfant, Athénaïs a trouvé grâce au dessin un moyen d’expression. En créant une bande dessinée « Fabrique du sentiment d’échec / Tous dyslexiques », elle veut déconstruire certains préjugés, en proposant une immersion dans la peau d’une dyslexique adulte, basée sur son vécu personnel. La Bourse va lui permettre de consacrer plus de temps à la réalisation professionnelle de ce premier
projet et acquérir un stylo lecteur pour l’aider à lire des ouvrages qui traitent de la dyslexie. 

Isis Emam
Projet « Promotion de la santé sexuelle auprès des personnes exilées »

Née d’un père égyptien, Isis s’est engagée bénévolement lors de sa recherche d’emploi, à l’université de Nanterre pour donner des cours de français aux personnes migrantes. Forte de cette expérience, elle décide d’aller travailler à l’Office Français de Protection des Réfugiés puis chez Migrations santé. C’est alors qu’elle crée l’association Farda autour de la santé sexuelle et des violences sexuelles dont souffre ce public. Cette association propose des ateliers artistiques, sportifs et des débats sur ces thèmes. Elle veut créer un escape game sur le genre et la sexualité pour les mineurs non accompagnés. La bourse financera la création de l’escape game et les médiateurs.trices interculturel.les qui animeront plusieurs ateliers.

Lucie Charlier
Projet « Lambda - de figurant·e à réalisateur.trice »

Après des études en écriture documentaire, Lucie réalise son premier documentaire « Faire la ville buissonnière » avec des élèves de CM2. Elle lance ensuite le projet « Lambda - de figurant.e à réalisateur.trice », des ateliers de cinéma documentaire en itinérance (en Italie puis en Grèce) en collaboration avec des associations locales d’aide aux personnes en migration. Elle souhaite inviter les migrants à réaliser des courts-métrages sur le thème de la migration en  Méditerranée avec des outils accessibles (téléphones portables). La bourse permettra l’achat du matériel nécessaire pour les ateliers (micros, trépieds) et les déplacements en Grèce et en Italie pour rencontrer les différentes associations qui accueilleront le projet.

Julie Dupuy
Projet « Décryptage »

Le projet artistique et social « Décryptage » lutte contre les préjugés et croyances qui nourrissent les théories du complot et sensibilise les jeunes à les décrypter. Julie crée un spectacle itinérant, intitulé « La Zone » qui relate un fait divers autour du complotisme. En parallèle, elle développe une mallette pédagogique ludique pour sensibiliser les collégiens et lycéens français à l’utilisation des réseaux sociaux et à la bonne compréhension des médias. Ce kit proposera des conférences, des podcasts, des vidéos expliquant le mécanisme des croyances et des outils pour réaliser des ateliers de théâtre-forum. La Bourse lui permettra d’acquérir un gradin professionnel pour son spectacle itinérant et l’aidera à la mise en place des ateliers dans les lycées et les collèges ainsi qu’à la réalisation des capsules vidéos pour retranscrire l’approche cognitive des théories du complot.

Asaël Kimfuta Mbongo
Projet «Escape Balabala (s'échapper de la rue), un escape game sur les enfants des rues de Kinshasa

Après avoir lu un ouvrage sur la vie d’une jeune fille abandonnée dans les rues de Kinshasa, car considérée comme une « sorcière », Asaël se lance dans le concours de plaidoirie du Mémorial de Caen pour défendre ce sujet. Puis elle fonde l’association Naza Mwana en faveur de ces enfants des rues, ostracisés car considérés comme sorciers et « porteurs de malheur ». Désormais, elle souhaite mettre en place un escape game immersif « Escape Balabala (s’échapper de la rue) » pour sensibiliser les jeunes Français aux conditions de ces enfants, changer les mentalités de la communauté congolaise, et ainsi briser les mythes de la sorcellerie. Avec la crise sanitaire, l’escape game a été revu en version digitale. La bourse soutiendra son développement numérique. 

Samer Koujuk
Projet « Inspiraction »

La lecture d’un ouvrage sur le leadership a créé un déclic chez Samer ; il décide de partir à la rencontre de ces dirigeants, personnalités ayant réussi professionnellement pour s’inspirer de leurs modes de pensée et d’action. Il constitue un réseau d’une centaine de personnalités inspirantes et d’experts et initie le projet « Inspiraction », des ateliers-conférences lors desquels des personnalités sont interviewées pour donner leur vision de la réussite. Grâce à ces  témoignages, Samer souhaite permettre à tous les boursiers et résidents universitaires de trouver leur voie et d’avancer professionnellement. La bourse permettra l’acquisition de matériel pour filmer les ateliers et les diffuser sur les  réseaux sociaux. Elle permettra également de structurer davantage l’association.

Clément Pérot-Guillaume
Projet « Orages »

Frappé par le désoeuvrement des jeunes et des enfants traînant au pied des tours d’une cité de la banlieue de Calais, Clément décide de passer une journée avec ces enfants. Il imagine alors un film documentaire « Orages » qui parlerait de cette jeunesse qui se cherche et grandit, au sein d’un quartier délaissé. L’écriture du film se fera avec les enfants pour trouver un langage hybride entre le réel et la fiction. La bourse facilitera les déplacements réguliers à Calais pour travailler avec les jeunes et permettra également de louer le matériel nécessaire pour réaliser le tournage prévu à l’été 2022.  

Numu
Projet « Réussir sans partir »

Menacé par le gouvernement car il animait une émission de radio en Gambie, Numu fuit son pays à 16 ans. En 2017, Numu retourne en Gambie où il peut désormais s’exprimer sans danger. Il souhaite que les jeunes Gambiens aient une chance de réussir leur vie en restant dans leur pays, sans se lancer dans un parcours migratoire dangereux. Son projet « Réussir sans partir » consistera à réaliser une campagne de sensibilisation sur la dure réalité de la migration. Elle donnera également des conseils aux jeunes restés sur place pour développer leur activité économique. La bourse permettra le tournage du film de sensibilisation, la prise en charge de ses déplacements en Gambie dans les écoles et les théâtres pédagogiques pour diffuser le film.

Reem Saleh
Projet « Joyride »

Passionnée de sport, Reem s’intéresse aux équipements et accessoires adaptés aux sportifs à mobilité réduite. Elle décide de concevoir une luge, sur glace ou à roulettes, dans l’esprit des sports de glisse urbaine pour faciliter sa pratique en extérieur et adaptable à tous type de corps. Reem souhaite doter l’équipement handisport d’un imaginaire plus sportif que celui du domaine médical auquel il est associé. Elle veut également faciliter les coûts de production et  prévoit de partager les plans de reproduction de la luge pour offrir à tous (particulier et club) la possibilité de fabriquer cet équipement. Reem souhaite utiliser la bourse pour formaliser les plans de ses deux prototypes existants, puis grâce
aux retours des tests, parfaire le patronage et les procédés industriels de la fabrication. 

Elise Sintot
Projet « Vieux, série documentaire »

C’est en animant des ateliers vidéo au sein de l’Ehpad Girondin Belle-Croix, qu’Elise réalise que les histoires de vie des pensionnaires des Ehpad peuvent être utiles à d’autres et changer le regard posé sur ces résidents. Elle décide alors de réaliser un film sur ces histoires qui sera présenté dans d’autres Ehpad. Des débats suivront la projection afin de recueillir des témoignages, qui serviront ensuite à réaliser une exposition.
Grâce à la bourse, Elise achètera le matériel nécessaire à la finalisation du film et à sa diffusion.