Jeune homme seul, bourses aux jeunes majeurs sans soutien familial

Bourses aux jeunes majeurs sans soutien familial : le coup de pouce qui fait la différence !

02/01/2019

Valentine Tedev Rieu, éducatrice du Service d’Accompagnement Extérieur de la Fondation La Providence à Orange, accompagne des jeunes de plus de 17 ans pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance et vivant en appartements autonomes. Elle sollicite le programme Bourses Jeunes Majeurs presque chaque année pour ses « protégés ».

Faciliter le quotidien de jeunes en difficulté

«Les aides de droit commun ne suffisent pas à couvrir tous leurs frais et il y a parfois des « trous d’air » entre deux dispositifs auxquels le jeune peut prétendre. Je pense par exemple à Mamadou, un jeune malien de 18 ans pour qui la Fondation de France a financé le permis de conduire, l’achat des premiers meubles pour son logement et un forfait téléphonique. Titulaire d’un CAP dans la climatisation, il n’avait pas trouvé d’apprentissage dans cette voie. Il s’est alors tourné vers un CAP de cuisine mais ne bénéficiait plus de l’aide aux apprentis. La Bourse Jeunes Majeurs est arrivée à point nommé pour le rendre autonome rapidement, d’autant que la voiture reste indispensable dans notre région pour de nombreux déplacements».

David, un autre jeune suivi par Valentine, était en recherche d’emploi quand il s’est vu accorder une Bourse Jeune Majeurs. «J’ai pu passer mon code et commencer les cours de conduite grâce à cet apport financier. Par chance, j’ai trouvé un emploi de manutentionnaire au Centre Hospitalier d’Orange en contrat d’insertion pour un an, avant même d’avoir passé mon permis. Cela aurait été beaucoup plus compliqué pour moi sans cette bourse car j’étais à mi-temps, avec un salaire mensuel de 630 euros tout à fait insuffisant pour couvrir tous mes frais ! » témoigne-t-il. En poste depuis 3 ans, David travaille aujourd’hui à plein temps sous un statut de contractuel. Il espère être prochainement titularisé.

Leur donner les moyens de leurs ambitions

Pour Virginie, la Bourse Jeunes Majeurs a également été décisive. Sans cette aide financière, elle n’aurait pas pu entamer ses études d’infirmière en septembre 2015. «J’habitais en famille d’accueil près de Marseille et j’ai réussi le concours de l’école d’infirmières… de Laon, dans l’Aisne, à plusieurs centaines de kilomètres. J’avais 21 ans, je devais quitter ma famille d’accueil et ne bénéficiais plus du contrat Jeune Majeur[1] qui couvrait jusque-là certains de mes frais. Comment faire ? » Loyer, courses, factures,… la bourse d’études que Virginie a obtenue de la région des Hauts de France n’était pas suffisante pour couvrir ses dépenses. « L’assistante sociale de l’Aide Sociale à l’Enfance m’a parlé des Bourses Jeunes Majeurs de la Fondation de France et nous avons présenté mon dossier. Ce soutien financier, environ 100 euros par mois pendant 3 ans, m’a permis de faire face à des dépenses incompressibles comme les factures d’électricité, la taxe d’habitation, etc. Et de poursuivre mes études plus sereinement ! » Aujourd’hui infirmière diplômée, Virginie est restée dans la région, où elle a rencontré son conjoint. Elle travaille dans un centre psychiatrique pour adultes et souhaite, à terme, dispenser ses soins auprès d’enfants. «Je suis heureuse que l’action de la Fondation ait pu aider cette jeune fille déterminée et résiliente à atteindre ses objectifs professionnels ! » confie Anne-Marie Poyet, référente du Programme Bourses aux Jeunes Majeurs pour la région Méditerranée.

Pour Elodie, 21 ans, l’attribution d’une Bourse Jeunes Majeurs a été synonyme d’envol vers le grand Nord québécois, dans la province d’Abitibi-Témiscamingue !  Etudiante en 3ème année de licence d’économie à Marseille, elle a été sélectionnée sur dossier en 2017 pour un programme d’échanges avec le Canada, sur un semestre universitaire. «Mon éducatrice de la Maison d’Enfant m’a dit qu’il fallait absolument que je saisisse cette opportunité. Mais comment trouver les ressources pour financer le voyage comme les frais d’hébergement et de vie quotidienne sur place ? Je bénéficiais d’une bourse du CROUS mais c’était insuffisant pour étudier à l’étranger. J’ai travaillé l’été, en tant qu’animatrice au sein de la Maison d’enfants à caractère social (MECS) pour gagner de l’argent mais j’avais besoin d’un coup de pouce financier supplémentaire pour que mon projet devienne réalité. C’est ce que m’a apporté la Bourse Jeunes Majeurs de la Fondation de France ! » Cette Bourse a permis de couvrir le billet d’avion aller-retour, les frais d’achats de livres ainsi qu’une petite partie des frais de scolarité. « C’est la première fois que je quittais l’Europe. Ces six mois d’études au Québec ont été riches de rencontres et d’ouverture culturelle, l’université accueillant des étudiants du monde entier ». Elodie est ensuite revenue boucler sa licence à Marseille avant de repartir… en Nouvelle-Zélande, dans le cadre d’une année de césure. Jeune fille au pair, elle y perfectionne son anglais et envisage, à son retour, de tenter les concours des écoles de commerce. Un beau parcours pour cette jeune fille déterminée et ambitieuse !

 

[1] Le Contrat Jeunes Majeurs est un dispositif de droit commun destiné aux 18-21 ans rencontrant des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ou qui éprouvent des difficultés d’insertion sociale, faute de ressources ou d’un soutien familial suffisant. Ce dispositif permet d’apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique renouvelable jusqu'à trois ans. Le plus courant est une participation financière sous la forme d’une allocation.

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