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Fondations abritées

Berthe Fouassier, une femme qui voyait loin

Berthe Fouassier aimait lire. Mais quelques années après la mort de son mari, professeur de philosophie au Lycée Massena de Nice, sa vue a commencé à se brouiller et elle est progressivement devenue aveugle.

Yves Agid, chercheur en neurologie à l’Inserm (Institut national de la recherche médicale) et fondateur de l’Institut du cerveau et de la moëlle épinière, qui comptait parmi ses soutiens, n’a cessé de lui recommander de se faire opérer. En effet, la vieille dame souffrait d’une cataracte qui, même en ces années 1970, se soignait très bien. Mais celle-ci, entêtée, refusait catégoriquement. Jusqu’à ce qu’un jour elle accepte enfin.

« Ce fut une révélation », se souvient Yves Agid. Celle qu’il appelait tendrement « marraine », car elle avait épousé son parrain, «  s’est remise à dévorer les livres et a vécu heureuse jusqu’à 94 ans », raconte son « filleul ».

Ce qu’Yves Agid ignorait, même s’ils en avaient évoqué la possibilité, c’est que Berthe Fouassier avait décidé de léguer une partie de sa fortune à la science. Son testament, qui répartissait une fraction de ses biens entre ses proches, s’achevait en effet sur cette phrase : « Quant au reste, je le lègue pour les yeux ».

C’est ainsi que, depuis 1984, la Fondation Berthe Fouassier, créée sous l’égide de la Fondation de France, accorde chaque année deux bourses de recherche à de jeunes chercheurs, l’une en ophtalmologie, l’autre en neuro-ophtalmologie.