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Solidarités internationales

Au-delà du soutien aux projets, renforcer les compétences des associations

03/09/2021

Comment agir durablement dans le champ des solidarités internationales ? En accompagnant localement l’émergence et la structuration d’un tissu d’acteurs de la société civile. Illustrations avec les programmes de la Fondation de France en Afrique et Méditerranée.

Education, formation, transition agricole, droits des femmes,, Culture, numérique, santé…… dans tous ces domaines -et bien d’autres- la philanthropie soutient des milliers de projets à l’international, au plus près des associations de terrain et des collectifs d’habitants qui fourmillent d’initiatives.

Mais au-delà des projets, comment aider ces jeunes organisations, souvent très isolées, à se structurer, à se professionnaliser et à construire leur autonomie ? Comment étayer leur « pouvoir d’agir » à long terme, et notamment quand les premiers financements arrivent à échéance ? « Les pays en développement disposent rarement  de ressources et de réseaux pour former les acteurs du monde associatif, il est donc de notre responsabilité d’envisager cette dimension dès le début de chaque projet », souligne Karine Meaux, responsable des programmes Solidarités internationales et Urgences à la Fondation de France.

Pour la Fondation de France, cette approche concerne particulièrement les programmes soutenant l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest, le programme Méditerranée d’une rive à l’autre, et les programmes créés en réponse aux urgences majeures tels que Haïti ou le Liban récemment.

« Cette réflexion est intégrée dès le départ au cœur même de chaque projet soutenu, précise Karine Meaux. Les associations nous sollicitent avec des idées et une énergie formidables. Nous travaillons avec les porteurs de projets sur les méthodologies qui leur permettront d’aller au-delà de l’idée, d’ancrer leur expérience dans la durée. Notamment : l’évaluation des besoins, la définition d’objectifs précis, l’identification des meilleures pratiques, la formalisation et le partage des résultats… ».

Cette professionnalisation passe avant tout par la mise en réseau des acteurs de la société civile. Par exemple, dans le cadre du programme Méditerranée, qui soutient des associations dans les pays du Maghreb et des projets euro-méditerranéens, chaque « promotion » de porteurs de projet rencontre une fois par an celle de l’année précédente, qui peut témoigner de ses réussites comme de ses difficultés, explique ainsi Fanny Herpin, responsable du programme. Nous favorisons aussi les visites entre associations. Les échanges portent sur les modèles économiques, sur les relations avec les parties-prenantes, sur l’essaimage des meilleures initiatives, etc ».

Sur le programme JAFOWA, qui fédère des organisations paysannes au Burkina-Faso et au Sénégal, une trentaine de participants se retrouvent à l’occasion de deux ateliers par an, pour aborder toutes les dimensions d’une agro-écologie locale, depuis la question des semences jusqu’aux enjeux de logistique et de distribution. Pour le programme PAFAO (promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest), ce partage passe par les outils numériques : fiches pratiques, témoignages et forum en ligne.

Toutes les associations progressent ainsi en formalisant leur expérience et en découvrant celle des autres. Cet apprentissage « entre pairs » peut être complété par des formations sur-mesure, en réponse aux besoins de chaque entité :  rédiger son projet associatif, mieux gérer les gestion des ressources humaines, développer sa collecte de fonds, formation aux outils numériques…

Cette démarche d’appui structurel aux acteurs prend également tout son sens dans les contextes post-crise. Face aux grandes catastrophes (ouragan, tremblement de terre, catastrophe industrielle…), la Fondation de France s’engage en urgence mais aussi dans la durée. Elle fait le pari d’accompagner les reconstructions, en soutenant des collectifs qui proposent des modèles (d’habitat, d’agriculture, de production…) plus résilients et plus durables. « Ces collectifs ont vocation à continuer leur action bien au-delà des « réparations », bien après le départ des organisations internationales… Ils ont donc besoin de se structurer, de former leurs équipes, souligne Karine Meaux. Là encore, nous les accompagnons dans l’organisation d’échanges de bonnes pratiques entre pairs et la construction d’actions communes, reposant le plus possible sur les ressources locales »