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Point de vue

Antilles : agir vite et bien… dans la durée

Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Guadeloupe, la Dominique… des paysages de désolation après le passage des ouragans Irma, José et Maria. Ces images ont frappé les Français et leur élan de générosité a été immédiat : l’appel de la Fondation de France, largement relayé par les media, a permis de collecter plus de onze millions d’euros. Une somme importante, qui fait de la Fondation de France le premier collecteur privé de dons pour les Antilles. Il faut saluer cette mobilisation et remercier tous les Français pour leur générosité. Mais face à l’immensité des besoins et au coût des dégâts qui se chiffrent en milliards d’euros, la Fondation de France se mobilise en priorité auprès des populations les plus vulnérables.

Aide aux victimes, relance économique, reconstruction : trois axes d’intervention

Pour intervenir efficacement après une catastrophe d’une telle ampleur, l’enjeu est de concilier tous les temps de l’action.

Dès les premiers jours, il faut prendre des décisions qui concernent l’urgence mais aussi la post-urgence. La Fondation de France, choisit de s’appuyer sur des associations locales. Elles ont souvent été elles-mêmes victimes de la catastrophe, et il faut les aider à se réorganiser très vite, leur envoyer des renforts, pour qu’elles soient en mesure de répondre aux besoins de la population. C’est avec Trait d’union, association qui fait partie du réseau France Victimes, que nous avons choisi de travailler tout de suite. L’objectif : apporter aux personnes en détresse des aides directes d’urgence, un soutien psychologique, un accompagnement social ou juridique.

Dans le même temps, il faut immédiatement anticiper la relance économique et la reconstruction. Là encore, il s’agit de s’appuyer sur des partenaires locaux, implantés dans la région, qui garantissent la pertinence des actions menées. Ils connaissent  le tissu économique et social, et leur soutien va s’inscrire dans la durée. À ce jour, les projets concernant la relance économique ont pris la forme d’aides d'urgence ou d’avances remboursables à taux zéro. Une centaine de petites entreprises, petits commerces et artisans, a déjà pu bénéficier de ces aides. Plusieurs projets sont à l’étude pour développer la formation professionnelle des jeunes et des demandeurs d’emploi, notamment dans le domaine du bâtiment.  Et des formations ont déjà été lancées pour des étudiants en hôtellerie-restauration.

Concernant la reconstruction, nous avons très rapidement missionné deux architectes afin d’établir un diagnostic et définir les priorités. Des actions d’auto-réhabilitation peuvent être envisagées, si les dégâts n’ont pas trop endommagé la structure, avec l'assistance de professionnels du bâtiment. Nous soutenons également Électriciens sans frontières, pour sécuriser les installations électriques des habitations et former des artisans au photovoltaïque. Néanmoins, pour certains chantiers, il est nécessaire d'attendre que les autorités locales aient statué sur les plans d’aménagement pour la reconstruction.

Agir sur le fond, viser l’efficacité et la complémentarité

Pour guider l’ensemble de ces actions, une exigence : l’efficacité, dans le choix des actions, comme dans celui des partenaires locaux. Présentes dès le surlendemain de l’ouragan, nos équipes ont évalué les besoins, organisé les premières actions. Depuis début octobre, un chargé de mission est sur place pour coordonner les projets, travailler avec les acteurs locaux, identifier les nouveaux besoins...

Dans une situation aussi chaotique, l’impératif est aussi d’agir avec pragmatisme et réactivité. Les projets sont suivis de près par le comité d’experts que nous avons constitué dès le lendemain de l’ouragan. Des besoins non anticipés peuvent émerger et nécessiter une action immédiate : c’est le cas par exemple du soutien que nous venons d’accorder à une entreprise pour lutter contre la prolifération de rats et autres nuisibles en raison de l’accumulation des déchets. La Fondation de France se laisse toujours la possibilité de réorienter son action pour s’adapter à la situation sur place.

Troisième principe d’action : agir vite, certes, mais prendre le temps quand c’est nécessaire pour prendre les bonnes décisions. Car l’idée est bien de reconstruire, mais en mieux, en plus solide, en moins vulnérable, en plus durable dans tous les sens du terme. C’est pourquoi, même si de nombreux projets ont déjà été lancés, certains mettront plusieurs mois avant de produire des résultats visibles pour les populations concernées. 

Cette méthode est fidèle à la philosophie qui guide la Fondation de France. Aux Antilles comme ailleurs, nous voulons mener des actions de fond, utiles sur le long terme, en complémentarité de celles menées par l’État. C’est notre responsabilité vis-à-vis des populations auprès desquelles nous intervenons. Et c’est notre engagement vis-à-vis de tous les donateurs qui nous ont accordé leur confiance, qui doivent voir, concrètement et durablement, ce que leur générosité a permis de réaliser.

 

Portrait d'Axelle Davezac.

L'auteur

Axelle Davezac
Directrice générale de la Fondation de France