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Covid-19

Aides alimentaires : pendant le Covid, des distributions réinventées !

03/04/2020

Avec le confinement, une économie à l’arrêt, la fermeture des commerces et services, les conséquences de l’épidémie se font durement sentir pour les plus fragiles. En région parisienne, à Lyon, Montpellier et Bordeaux, dans le cadre de l’opération Tous Unis contre le virus, la Fondation de France monte un dispositif original. Idée clef : mettre en relation les réseaux des « traiteurs solidaires » et les réseaux de distribution alimentaire. Explications.

Au-delà des malades, Covid-19 fait aussi de nombreuses victimes « collatérales ». En première ligne, les personnes vivant à la rue, mal logées, isolées et précaires, dont l’équilibre de (sur)vie tient à un fil. La crise a rompu ce fil : les lieux d’accueil de jour, les sanisettes, les bains publics, les commerces qui proposaient leurs surplus ont fermé… Ainsi, sur le seul plan de la distribution alimentaire, on estime que 50 % des canaux ont dû cesser leur activité, du jour au lendemain. Autre groupe en danger : les salariés les plus fragiles, peu qualifiés, bénéficiant d’emplois aidés. Pour eux, l’isolement et la rupture du parcours de réinsertion peut signifier un retour à la case chômage.​

Financer des repas adaptés au contexte Covid

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Préparation de dessert à Bordeaux​

Face à ce double constat, la Fondation de France structure depuis les débuts du confinement une démarche « gagnant-gagnant ». En rapprochant deux mondes qui se côtoient rarement.

D’un côté, une série de « traiteurs solidaires », entreprises d’insertion par l’activité, spécialisées dans la restauration pour les entreprises et les événements : La Table de Cana, Baluchon, Planète Sésame, Food2rue. Toutes proposent à des personnes très éloignées de l’emploi une formation et un travail dans les services traiteurs. De l’autre, les grands réseaux experts de l’aide alimentaire : la Protection civile, l’Armée du Salut, les Restos du cœur. Objectif de la démarche : proposer aux premiers de ré-ouvrir très rapidement, d’adapter leur offre pour répondre aux besoins des seconds. Et financer cette production de repas sur-mesure.

Une opération montée en 72 heures

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A Montpellier, des paniers-repas de la Table de Cana attendent d'être distribués

« La Fondation de France nous a contacté le vendredi 20, trois jours après le début du confinement, raconte par exemple Dominique Tesnière, bénévole à l’association La Table de Cana. Sans clients, nos établissements avaient déjà tiré le rideau. Pendant le week-end nous avons remobilisé les salariés encore disponibles, recontacté nos fournisseurs, réorganisé complètement notre production et commencé à livrer dès le lundi ! ». Après discussion avec les réseaux de terrain, le contenu des prestations a été précisé : des « panier-repas », livrés en sachets, contenant un repas froid complet et équilibré. Car en aval également, le Covid a imposé une transformation de l’organisation des distributions. « Traditionnellement, nous cuisinons, nous installons notre camion sur un parking, et nous proposons des repas chauds, que les personnes consomment sur place, explique ainsi Annick Vigouroux, bénévole au sein du réseau des Restos du cœur, à Montpellier. Impossible de respecter les consignes de distance sociale et les gestes barrière dans ces conditions, qui nécessitent le regroupement des bénévoles comme des personnes bénéficiaires. Mais pas question d’abandonner tous ceux qui comptent sur nous. La solution des repas à emporter, proposée par La Table de Cana via la Fondation de France, nous a permis de maintenir notre service, avec une dizaine de bénévoles. Nous n’avons fermé que deux jours, le temps de nous réorganiser ! »

Bénéfices en cascades

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A Montpellier, autour de ce rendez-vous alimentaire, se greffent d’autres services : impression et distribution d’attestations de sortie, permanence médicale, service d’aide administrative, etc. Autant de ressources indispensables pour informer et aiguiller les personnes les plus vulnérables, les aider à « garder la tête hors de l’eau ».

Pour les entreprises d’insertion et leurs salariés aussi, le bénéfice est double. « Nous sommes dans un secteur qui reste économiquement fragile, nos structures ne disposent pas de trésorerie importante, souligne Dominique Tesnière. En nous passant commande pour le compte des réseaux d’aide alimentaire, la Fondation de France nous permet de maintenir une base d’activité, condition indispensable pour « tenir » le temps de la crise. Et pour les salariés, cette mission d’intérêt général est riche de sens. L’un d’eux disait récemment : je savais que j’avais besoin d’être aidé, mais pas que je pouvais moi-même aider ! »   

13 000 repas : c’est la distribution assurée chaque semaine par ce dispositif, sur Paris, Bordeaux, Lyon et Montpellier.