Santé des jeunes

3 questions à Dominique Lantiez, présidente du comité Santé des jeunes

« Aux côtés des ados, pour leur équilibre mental »

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3 questions à Dominique Lantiez, chef d’établissement au Lycée Edmond Labbé à Douai, présidente du comité Santé des jeunes.

Les jeunes ont des problèmes de santé spécifiques, qui appellent des réponses adaptées… c’est la conviction qui anime le programme Santé des jeunes.

Pourquoi la Fondation de France s’engage pour la santé des jeunes ?

L’adolescence est un âge où l’on se met physiquement ou psychiquement en danger. Suicides et tentatives de suicide, troubles du comportement alimentaire (TCA), consommation de drogue, alcool et tabac… sont autant de pratiques qui conduisent trop souvent les jeunes à des situations tragiques. Et ce n’est pas tout : le stress, l’échec et les violences scolaires, l’ennui, l’indifférence ou le retrait de la vie sociale vis-à-vis de leurs pairs ou de l’institution scolaire peuvent devenir insurmontables. À cela s’ajoutent des problématiques somatiques comme le manque de sommeil, le surpoids, les conséquences d’une sexualité à risque (IVG, IST) qui peuvent dégrader leur santé mentale. Plus globalement, il y a urgence à relever les nouveaux défis qui menacent le bien-être des jeunes : décrochage scolaire, phobie scolaire, violences et harcèlements, discriminations, radicalisation, banalisation des théories du complot, etc.

En quoi l’approche de la Fondation de France est-elle spécifique ?

Le programme Santé des jeunes a été créé en 1993, quand la médecine de l’adolescence balbutiait encore. Dès cette époque, la Fondation de France contribue à sensibiliser les familles, les professionnels de santé et l’ensemble des acteurs de la jeunesse sur les spécificités de prise en charge sanitaire de ce public. En parallèle, la Fondation participe à la structuration de nombreux dispositifs, dont les Espaces Santé Jeunes, qui apportent des réponses de proximité aux ados, peu mobiles et peu autonomes. Après avoir concentré son action de 2002 à 2015 sur les risques suicidaires, les addictions (alcool, drogues, jeux vidéo) et les TCA, la Fondation de France s’attache depuis 2016 à soutenir les parcours de soins, toute problématique de santé mentale confondue. Sur tous ces sujets, la Fondation de France soutient des projets innovants ou expérimentaux. Mais elle accompagne aussi leur développement ou leur essaimage, pour permettre aux organisations de terrain de convaincre leurs tutelles, et ainsi pérenniser les meilleures pratiques. De la même manière, la Fondation de France soutient les professionnels qui souhaitent améliorer leurs compétences en la matière, par le financement de formations, de supervisions, ou de séances d’analyses de pratiques.

Actuellement, quel projet emblématique accompagnez-vous ?

A l’hôpital Louis-Mourier de Colombes, la Fondation de France soutient un dispositif d’ateliers artistiques et de pratiques théâtrales créé dans l’unité d’hospitalisation psychiatrique pour adolescents l’Astrolabe. Son ambition : favoriser l’accès ou le maintien dans le soin de jeunes parfois réfractaires aux modalités classiques de prise en charge. Via cette médiation artistique, les ados peuvent s’exprimer sur les difficultés qu’ils rencontrent en travaillant sur le corps, la parole, les émotions et en s’appuyant sur la dynamique du groupe. Ces ateliers mobilisent différents acteurs (hôpital, Espace Santé Jeunes de Colombes et Nanterre, associations culturelles et éducatives) et font l’objet d’une recherche universitaire.

Derrière de nombreux cas de dépression, de décrochage ou de phobie scolaire… on retrouve des comportements de dépendance aux écrans, aux jeux et plus globalement un recours excessif aux réalités virtuelles.

Chiffres clés

  • - 15 à 17% des jeunes vont traverser un épisode dépressif caractérisé, entre 16 et 25 ans ;
     
  • - Les troubles des conduites alimentaires (TCA) concernent environ 600 000 jeunes ;
     
  • - 48 projets soutenus en 2018 via l’appel à projets Soutenir les jeunes en souffrance psychique, pour environ 1,2 M€.

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