3 questions à Christine Ferron, présidente du comité Santé des jeunes.

« Aux côtés des ados, pour leur bien-être et leur équilibre »

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3 questions à Christine FERRON, Déléguée générale de la Fédération Nationale d’Education et de promotion de la Santé (FNES), présidente du comité Santé des jeunes.

Les jeunes présentent des problèmes de santé spécifiques, tout comme des ressources qui leur sont propres, ce qui appelle des réponses adaptées… c’est la conviction qui anime le programme Santé des jeunes.

Pourquoi la Fondation de France s’engage-t-elle pour la santé des jeunes ?

L’adolescence est l'âge des découvertes et des expérimentations. Ces dernières peuvent amener les jeunes, sans qu'ils en aient toujours conscience, à se mettre physiquement ou psychiquement en danger. Conduites suicidaires, troubles du comportement alimentaire (TCA), usage de drogues licites ou illicites… sont autant de pratiques qui conduisent encore trop souvent les jeunes à des situations tragiques. Les déterminants de ces pratiques, ainsi que les facteurs associés qui les aggravent, sont bien connus : une estime de soi défaillante, l'anxiété et le stress, l’échec et les violences scolaires, l'isolement ou le sentiment d'abandon, une insertion sociale chaotique, peuvent rendre les difficultés insurmontables. À cela s'ajoutent souvent des problématiques somatiques comme les troubles du sommeil, les rapports sexuels non protégés, la sédentarité et l'usage inapproprié des écrans, qui peuvent à terme impacter leur santé mentale. Heureusement, l'une des caractéristiques de l'adolescence est aussi une extraordinaire capacité de résilience. Soutenus, accompagnés, pris en charge de manière adaptée, souvent avec leurs proches, les jeunes peuvent progresser sur la voie de l'autonomie et de la santé.

En quoi l’approche de la Fondation de France est-elle spécifique ?

Le programme Santé des jeunes a été créé en 1993, quand la médecine de l’adolescence a émergé au sein du système de soin. Depuis cette époque, la Fondation de France contribue à sensibiliser les familles, les professionnels de santé et l’ensemble des acteurs de la jeunesse sur les spécificités de la prise en charge de ce public. En parallèle, la Fondation participe à la structuration de nombreux dispositifs, dont les Espaces Santé Jeunes, qui apportent aux adolescents des réponses de proximité. Après avoir concentré son action, de 2002 à 2015, sur les risques suicidaires, les addictions (alcool, drogues, jeux vidéo) et les TCA, la Fondation de France s’attache depuis 2016 à améliorer les parcours de soins des jeunes, quelle que soit la problématique de santé mentale concernée. Sur tous ces sujets, la Fondation de France soutient des projets innovants ou expérimentaux. Mais elle accompagne aussi leur développement ou leur essaimage, en donnant le temps aux organisations de terrain de convaincre leurs tutelles, et ainsi de pérenniser les meilleures pratiques. De la même manière, la Fondation de France soutient les professionnels qui souhaitent renforcer leurs compétences en la matière, par le financement de formations, de supervisions, ou de séances d’analyses de pratiques. Enfin, convaincue que les parents, les fratries, les proches sont d'incontournables partenaires du soin, et que leur accompagnement fait partie intégrante de la prise en charge des jeunes, la Fondation de France s’implique aussi dans l'appui à des projets de soutien à l’entourage des jeunes.

Actuellement, quel projet emblématique accompagnez-vous ?

Il s'agit d'une activité soins-études portée par le Département de Soins pour adolescents du Centre hospitalier d’Angers.

Ce centre de soins propose une prise en charge ambulatoire spécifique dédiée aux adolescents dont le décrochage scolaire total ou partiel trouve son origine dans une souffrance psychique diagnostiquée : troubles anxieux généralisés ou prémices de troubles psychiques chroniques dont l’école est le révélateur. Ce dispositif comporte une phase d’évaluation des mécanismes psychiques à l’origine de la déscolarisation, un bilan du rapport de l’élève à la pédagogie et la co-création d’outils visant à une reprise progressive et solide de sa scolarité.

Derrière de nombreux cas de dépression, de décrochage ou de phobie scolaire… on retrouve des comportements de dépendance aux écrans, aux jeux et plus globalement un recours excessif aux réalités virtuelles.

Chiffres clés

  • - 15 à 17% des jeunes vont traverser un épisode dépressif caractérisé, entre 16 et 25 ans ;
     
  • - Les troubles des conduites alimentaires (TCA) concernent environ 600 000 jeunes ;
     
  • - 48 projets soutenus en 2018 via l’appel à projets Soutenir les jeunes en souffrance psychique, pour environ 1,2 M€.

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