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Le don, un devoir de responsabilité sociale, selon les hauts revenus
A travers son Observatoire, la Fondation de France a confié à l’institut Opinion Way une étude quantitative sur les grands donateurs. Cette étude a été réalisée en octobre 2009 auprès de plus de 200 personnes ayant un revenu supérieur à 100 000 € par an.
Grandes fortunes : des mécènes responsables
« Si vous voulez, je pense que le fait d’avoir de l’argent occasionne certains devoirs. Moi c’est ce qu’on m’a appris et je trouve ça normal ».
Pour tous les grands donateurs, la responsabilité sociale est évoquée comme liée à l’acte de don. Le grand mécène est profondément marqué par sa responsabilité philanthropique : son don doit influer sur la marche du monde.
Donner pour « agir sur le monde »
87% des hauts revenus (+ de 100 000 € par an) déclarent être donateurs. Pour ceux ci, la responsabilité sociale est moteur de don. Qu’elle soit envisagée comme palliative ou relais de l’action de l’Etat, elle constitue pour tous un « devoir », une mission à tenir ou à poursuivre dans le cas d’une tradition familiale.
22% déclarent donner plus de 510 euros par an.
Et 9% déclarent avoir une activité de mécénat à travers une association ou la création d’une fondation.
Donner pour s’impliquer personnellement
Les dons des grands mécènes sont rituels et fidèles. Certains s’engagent sur la voie de la création d’une Fondation afin de passer directement à l’action :
« J’ai vendu plusieurs appartements et je me suis demandé ce que j’allais faire avec tout cet argent ; j’ai pensé à la fondation parce que c’était intéressant et que ça me permet d’être plus actif ».
Les donateurs, surtout les « grands », semblent trouver dans une fondation, un modèle fédérateur. Celle-ci permet l’action directe : la maîtrise des stratégies et des actions mises en place sur le terrain donne en effet le sentiment d’agir plus efficacement ou plus sûrement pour l’intérêt général ou une cause spécifique. Forts de ce pouvoir décisionnaire, les fondateurs entendent également garder une indépendance financière, sentiment que leur procure la maîtrise de l’utilisation des fonds. Enfin, la fondation permet d’exercer un pouvoir au niveau social avec la satisfaction de se substituer au rôle de l’Etat selon une approche libérale. Ces avantages ne sauraient pour autant occulter des motivations plus conjoncturelles : une initiation antérieure à l’engagement social ou caritatif, l’arrivée d’une importante somme d’argent ou la rencontre d’autres personnes partageant cette même culture constituent autant de déclencheurs.
Donner, pour la recherche et les personnes vulnérables
Il ressort des opinions exprimées par les personnes interrogées à la question « quelles sont les causes auxquelles vous avez fait des dons en argent ces 12 derniers mois ? », un net intérêt pour la recherche et l’aide aux personnes vulnérables et malades.
Les avantages fiscaux sont ressentis majoritairement comme une incitation à donner plus
Si seulement 15% des grands donateurs confirment que l’encouragement fiscal est un aspect qui compte ou qui a vraiment compté dans leur décision de donner, ils sont 50% à penser qu’il s’agit plutôt d’un encouragement à donner plus, et 65% si leurs dons dépassent 510 € annuels.
S’il ne s’agit pas de la principale motivation pour faire un don, les mesures fiscales, simples et avantageuses (réduction de l’impôt sur le revenu de 66% du montant de ses dons dans la limite de 20% des revenus imposables, et réduction de l’ISF de 75% du montant de ses dons dans la limite de 50.000 €), agissent pour le donateur, comme un levier facilitateur du passage à l’acte de donner.
Donner mais en toute discrétion
Il est aussi pertinent de noter que 92% des personnes interrogées souhaitent rester discrètes sur leur acte de don.




