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Autisme : un traitement pour mieux comprendre les autres ?
Comment l’ocytocine peut améliorer l’appréhension socio-émotionnelle
Intitulé du projet
Effet thérapeutique de l’ocytocine sur les troubles socio-émotionnels dans la pathologie d’Asperger - 2007
Contexte
Parmi les formes d’autisme, le syndrome d’Asperger est particulièrement marqué par les difficultés de compréhension des codes d’interaction sociale. Ainsi, alors que le contact visuel représente une étape cruciale de toute relation avec autrui, les personnes atteintes de ce syndrome ne cherchent pas le regard de leurs interlocuteurs et ne comprennent pas ses expressions.
Or, il a récemment été montré qu’il existe chez ces patients un déficit génétique en ocytocine, une hormone fabriquée par le cerveau. D’après différentes études sur l’animal et l’homme, elle réduit le stress et la peur, améliore la confiance en l’autre et joue ainsi un rôle positif dans les relations sociales. La carence en cette hormone ne serait-elle pas liée aux troubles relationnels des patients Asperger ?
Projet
Angela Sirigu, directrice de recherche au CNRS, a souhaité étudier avec ses collaborateurs les effets de l’ocytocine sur les composantes socio-émotionnelles des personnes souffrant d’Asperger. Les chercheurs ont testé le comportement de 13 patients atteints du syndrome d’Asperger sous placebo et sous traitement. Ils ont pu mesurer le degré d’attention aux signaux sociaux des patients en leur faisant observer une série de visages photographiés. Dans une seconde expérience, ils ont étudié leur comportement lors d’un jeu de balles. Le but de ce jeu était de tester leurs capacités à apprendre au fil du temps à faire confiance à l’un des participants et à pouvoir adapter leurs comportements en fonction de la réaction d’autrui.
Implication de la Fondation de France
77 500 € pour 2 ans
Résultats
Angela Sirigu et son équipe ont montré que l’ocytocine améliore chez les patients Asperger, l’attention portée au visage de leurs interlocuteurs, et en particulier au regard. Il semble qu’en comblant le déficit en ocytocine, le sentiment d’affiliation est favorisé, au moins en partie par la réduction de la peur, de la méfiance et des comportements d’évitement. Au-delà de l’amélioration de cette première approche sociale, les patients sous ocytocine ont pu apprendre à reconnaître leurs partenaires les plus bienveillants, ce qui suggère une plus grande aptitude à l’apprentissage et à la compréhension des relations avec les autres. Si des travaux ultérieurs restent nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de ces changements comportementaux et les effets à long terme de ce traitement, ces données préliminaires s’avèrent très prometteuses. La vie des autistes et de leur entourage pourrait s’en trouver nettement améliorée.
Equipe soutenue
Centre de neuroscience cognitive,
UMR 5229, CNRS,
Bron
Contact
Angela Sirigu
sirigu@isc.cnrs.fr
Plus d’information
Fondation de France Programme Recherche Médicale
Solange Guenez
Tél : 01.44.21.31.36
E-mail : recherche@fdf.org




