L’adolescence est une période difficile où le mal-être physique est lié aux transformations du corps à la puberté et parfois à un surpoids. Dans les Hautes-Alpes, un groupe de jeunes filles a ressenti le besoin de « se bouger », de mieux comprendre leur corps, d’en prendre soin et de l’entretenir. Difficile cependant pour elles de se mettre au sport dans une zone rurale et montagneuse qui offre peu d’activités. Elles se sont alors réunies pour pratiquer de manière autonome. Leur choix s’est progressivement porté vers la pratique du hip-hop. Dix adolescentes sont venues rejoindre le projet pour « se bouger » ensemble.

Un projet mobilisateur qui a pris de l’ampleur

Très vite, le besoin d’établir un créneau horaire hebdomadaire régulier, encadré par un animateur, s’est fait ressentir. Les jeunes femmes se sont alors tournées vers l’association embrunaise Euroscope dont l’objectif est justement d’encourager et d’accompagner les jeunes souhaitant monter leur propre projet. Grâce à ce soutien, les jeunes adolescentes ont ainsi créé le Street Club Urban Dance (SCUD) et initié des activités hip-hop avec un animateur bénévole. Pour élargir leur projet et partager leur état d’esprit, elles vont à la rencontre d’adolescents dans d’autres villes de la région, autour de stages de hip-hop et communiquent tout au long de l’année sur le club et ses motivations. Enfin, en juillet 2015, après plus d’un an de préparation, le projet a pris une nouvelle ampleur : le club est parti danser et filmer ses chorégraphies devant les monuments de Paris, Londres, Berlin et Athènes.

La confiance retrouvée

5 à la création du club, les filles sont parties à 18 en tournée durant l’été 2015. Depuis, les cours de hip-hop sont passés de 1 à 3 créneaux hebdomadaires, soit 30 participantes régulières. La réalisation du projet a été incroyablement formateur pour les jeunes femmes : elles ont appris à gérer un budget, à utiliser internet pour faire des recherches, et certaines d’entre elles auparavant en échec scolaire ont vu leurs résultats s’améliorer. Elles ont pris goût à l’effort, se sont réappropriées leur corps et font preuve d’une nouvelle confiance en elles. Plusieurs membres du club interviennent aujourd’hui auprès des plus jeunes et 4 jeunes souhaitent entamer une formation pour enseigner la danse.