Pour un retour au quotidien
En Bretagne, des logements adaptés pour personnes psychotiques stabilisées permettent le retour au quotidien
Contexte
À la sortie de l’hôpital, la question du logement des personnes psychotiques pose très souvent problème. Convaincu de la nécessité de réapprendre à ces malades l’autonomie plutôt que de les maintenir dans la cellule familiale, Jacques Escolan, chirurgien retraité et président de l’association la Clairière Beaupré, a dû faire preuve de détermination pour que soient créées des maisons adaptées pour personnes schizophrènes, stabilisées par les traitements.
Description du projet
L’expérience voit le jour à Vannes. Sur un terrain offert par la commune, la société de HLM a accepté de construire trois maisons banalisées. « Le principe de ces maisons fonctionne sur le respect de la personne et la solidarité des familles, puisqu’elles participent financièrement à la prise en charge » précise Jacques Escolan. Chaque résident possède sa chambre et partage la salle de bains, la salle de séjour et la cuisine. Deux aides à domicile à plein temps supervisent la logistique, un infirmier psychiatrique à temps partiel assure l’accompagnement médical, et des infirmières en libéral passent chaque jour distribuer les traitements. Le weekend, 4/5 des résidents rentrent dans leur famille.
Bilan après suivi
Le projet existe depuis maintenant trois ans. Les trois maisons mitoyennes accueillent 8 personnes âgées de 40 à 45 ans, dont trois femmes réunies dans une des maisons. Une 9e place vient de se libérer et n’est pas encore pourvue. Le nouveau cheval de bataille de Jacques Escolan est d’ouvrir, à Auray, « Rayon de soleil », sur le même principe que la Clairière Beaupré, mais pour des malades plus jeunes. A Lyon, à Lourdes, en Vendée, et bientôt en Normandie ou à Toulouse, l’expérience de ces maisons autogérées, particulièrement intéressantes sur un plan thérapeutique, a fait des émules.
« Je suis agréablement surpris du fonctionnement de ces maisons et de leur apport thérapeutique ; je vis cette expérience à titre personnel , puisque mon fils de 40 ans y est résident ; tous les weekends, il prend maintenant le train seul, de Vanne s à Auray pour venir nous voir », raconte le Docteur Escolan, chirurgien retraité qui se mobilise pour le logement et le retour à l’autonomie des personnes psychotiques stabilisées.





