Révéler l’importance de la professionnalisation du secteur des fondations

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Entretien avec Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France

Une étude de l'Observatoire de la Fondation de France révélait il y a quelques mois un secteur en forte progression. Comment analysez-vous ce boom ?

En effet, tandis qu'à la création de la Fondation de France il y a 40 ans seules 250 fondations existaient en France, il s'en est créé une tous les trois jours en 2007 et encore davantage l'année passée. À titre d'exemple, 50 fonds et fondations ont été créés en 2008 sous l'égide de la Fondation de France. Plusieurs raisons à cela. D'abord, la loi d'août 2003, dite loi Aillagon, a formalisé le fait que l'État n'était pas le seul détenteur de l'intérêt général, et mis pour la première fois en avant l'importance du rôle des fondations dans notre pays. Cette loi, couplée à d'autres mesures - fiscales et législatives - a permis de véritablement libérer le mouvement des fondations en France. Ces cinq dernières années, on a pu constater l'intérêt accru des donateurs particuliers et des entreprises pour ce dispositif. De fait, les mécènes trouvent avec la fondation le moyen de s'investir en faveur d'une cause en s'inscrivant dans la durée (même limitée), et en ayant les moyens de suivre les actions qu'ils mènent.

Pourquoi choisir de créer une fondation sous l'égide de la Fondation de France ?

Les fondateurs ont aujourd'hui plusieurs possibilités : créer une fondation reconnue d'utilité publique, une fondation sous l'égide d'une fondation abritante ou, depuis peu, créer un fonds de dotation. Or, tout le monde n'a pas le temps ni les moyens de créer et faire vivre une organisation complètement indépendante. La formule «sous égide» semble alors la plus adaptée. La Fondation de France abrite en son sein 40 % de l'ensemble des fondations françaises soit 654 fonds et fondations. Outre notre expérience inégalée en France, nous apportons un service mutualisé peu coûteux à l'ensemble des fondateurs : accompagnement permanent sur le plan juridique, fiscal, sociétal, mais aussi garantie d'une gestion financière rigoureuse, d'une information complète sur les résultats et la certification des comptes.

Quelles sont les principales tendances qui se dessinent pour les années à venir ?

La France a pris ces dernières années un virage nous permettant d'avancer sur la voie des pays les plus engagés dans la philanthropie. La multiplication des fondations a l'avantage de révéler l'importance de la professionnalisation du secteur des fondations : l'expertise, la gouvernance, le contrôle… Par ailleurs, les fondateurs sont de plus en plus jeunes et de plus en plus impliqués dans leur projet. Ils veulent agir efficacement, et de leur vivant. L'image de la fondation pérenne est donc de plus en plus remise en question.

FONDATION DE FRANCE - 40, avenue Hoche, 75008 Paris - T. 01 44 21 31 00