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Les grandes tendances pour les fondations en Europe

Gerry Salole, directeur du Centre Européen des Fondations, fait le point sur cette forme de mécénat en pleine expansion.

 

 

 

 

 

Vous dirigez le Centre Européen des Fondation, qui a tenu son Assemblée Générale en mai dernier. Quelles grandes tendances constatez-vous pour les fondations en Europe ?


La 20ème Assemblée Générale (AG) et la conférence annuelle de l'EFC organisées à Rome ont rassemblé 637 participants d'environ 60 pays différents, renforçant la réputation de notre rendez-vous annuel comme un important point de rencontre pour les représentants de fondations en Europe. Cette année, la conférence est retournée aux sources de la philanthropie en se penchant sur le sujet de la pauvreté au sens large du terme, en abordant divers sujets comme l’accès a l’éducation et à la formation, et le renforcement de compétence. Les conséquences sociales de la migration furent une des questions au centre des débats. Sujet sur lequel les membres de l’EFC se sont joints, afin de rédiger une déclaration commune appelant les responsables politiques européens à construire un cadre « véritablement respectueux de la dignité de tous les êtres humains » pour traiter de la question de la migration. La crise financière mondiale fut un autre thème récurrent de la conférence ; les participants ont eu l’opportunité de partager leurs expériences de décisions difficiles qu’ils prennent sur leurs stratégies d’investissements et le financement de projets et programmes.

 

Dans quelle mesure les entreprises participent au développement des fondations en Europe ?


Cette question a justement fait l’objet d’une session lors de notre conférence. Les fondations d'entreprises sont un phénomène relativement récent mais qui se développe rapidement. Par exemple en Italie, selon des données récentes de l'institut italien des statistiques (ISTAT), il existe environ 131 fondations d'entreprises, comptant pour un peu moins de 3% du secteur des fondations italiennes. On estime que les deux tiers de ces fondations ont été créés ces 10 dernières années. En France, selon les dernières données d'Admical, 201 des 324 fondations d'entreprises ont été établies ces 6 dernières années. Bien qu'il soit encore difficile d'obtenir des données exactes, nous constatons une tendance semblable en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en particulier dans les pays d’Europe Centrale et en Europe de l'Est. Des changements de législation aussi bien que l'apparition d'une infrastructure de soutien pour le mécénat d’entreprise et divers réseaux aux échelles nationales et européennes peuvent expliquer cette croissance. De plus en plus, la fondation d’entreprise est aussi reconnue comme un véhicule stable, flexible et autonome par lequel les entreprises peuvent mener à bien leurs projets philanthropiques.

 

Constatez-vous des écarts entre les pays européens ?


Les fondations d'entreprises sont très diverses dans leurs structures et dans leur politiques d’octroi de fonds. Celles-ci sont considérablement influencées par le contexte spécifique des pays dans lesquels elles se trouvent. Cependant, elles partagent certains points communs tels qu’un souci d’optimiser leur impact et leur efficacité, et d’impliquer leurs salariés dans les activités de la fondation.– en termes de dons et de bénévolat. Une autre tendance est la collaboration accrue avec les ONG, les gouvernements et les organisations internationales - telles que l'ONU. Quatre cas d’écoles présentés lors de la conférence - en Italie, France, République Tchèque et Russie – nous ont enseigné que la plupart des fondations d'entreprises dans ces pays envisagent de maintenir leurs niveaux de financement durant la période économique difficile que nous vivons actuellement. Cependant, la crise les oblige à identifier de nouveaux moyens pour devenir plus efficace et de mieux développer leurs connaissances, leurs compétences et leur capital humain et financier.

FONDATION DE FRANCE - 40, avenue Hoche, 75008 Paris - T. 01 44 21 31 00