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Paroles d'experts
Qui sont les nouveaux philanthropes français ?
Si la philanthropie constitue aux yeux de la majorité des Français un acte généreux et respectable, sa médiatisation la rend, en revanche, immédiatement suspecte. Le philanthrope français se distingue donc de ses semblables étrangers par son infinie discrétion. Qui sont ces généreux donateurs ? Quelles sont les motivations des philanthropes entrepreneurs ?
Odile de Laurens de l’Observatoire de la Fondation de France nous présente les nouveaux visages de la philanthropie.
Qui sont les philanthropes français ?
Il est difficile aujourd’hui de brosser un portrait exhaustif des acteurs français de la philanthropie. Nous supposons en effet qu’une part d’entre eux, sans doute importante, effectue en direct des donations à des œuvres d’intérêt général, et ne sont de ce fait pas identifiables. Nos observations se limitent donc aux quelques 660 philanthropes français œuvrant par le biais de fondations de financement. Or, la nouveauté réside dans le fait que dans ce groupe, la part des héritiers de grandes fortunes est désormais minoritaire. La majorité sont des entrepreneurs ou des cadres supérieurs de plus en plus jeunes, qui ont construit eux-mêmes leur patrimoine.
Quelles sont les principales motivations de ces entrepreneurs philanthropes ?
En général, ils tirent leur fibre philanthropique de leur personnalité ou de chocs biographiques. La plupart sont animés de convictions personnelles fortes et d’une volonté de contribuer à changer le monde.
Beaucoup ont subi des événements douloureux, notamment des deuils prématurés, qui leur ont fait relativiser la « valeur » de l’argent. Soucieux de donner un sens à leur vie comme à leur réussite professionnelle et financière, ils choisissent de partager une partie de leur fortune mais aussi de leur temps, leurs compétences, leurs réseaux au profit de causes qu’ils défendent.
Ces nouveaux philanthropes intègrent leurs méthodologies d’entrepreneurs au fonctionnement de leur fondation et à l’aide qu’ils apportent aux projets soutenus.
La jeune génération est-elle prête à prendre la relève ?
A ce jour, sur les 467 fonds et fondations de financement créés par des personnes de leur vivant, 40% ont vu le jour depuis l’an 2000. Cela témoigne d’une véritable accélération du mouvement philanthrope. En outre, 67% des créateurs ont initié leur fondation alors qu’ils étaient encore actifs professionnellement, dont 28% avant l’âge de 50 ans. La population des philanthropes rajeunit donc considérablement. Cette génération dessine les contours d’une nouvelle philanthropie tournée vers le plaisir de s’ouvrir à d’autres mondes, de s’engager, le soutien de causes « originales » et des modalités d’actions parfois avant-gardistes
>> Pour en savoir, téléchargez l’étude « La Philanthropie à la française » de la Fondation de France
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Et qu’en est-il de son volet social ?
Bien communiquer sur ses actions philanthropiques ne signifie pas forcément « beaucoup » communiquer. L’essentiel en termes de communication est de savoir sur quoi on communique, pourquoi on le fait et quelle mesure on veut donner à cette démarche.
Agnès Lamoureux, directeur de la Communication de la Fondation de France, nous apporte son expertise sur ces questions
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