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Le VIH au féminin et au masculin
Une étude menée au Cameroun souligne la nécessité de s’adresser aux hommes autrement pour lutter contre le sida
Contexte
La perception du sida, les croyances sur les responsabilités de chacun, les discours des autorités sanitaires jouent un rôle non négligeable dans l’épidémie de VIH en Afrique au-delà des questions matérielles de dépistage et de prise en charge de la maladie. Liée à la sexualité, la maladie est révélatrice de la place de l’homme et de la femme dans la société. Doctorante en anthropologie de la santé, Sophie Djetcha a voulu savoir comment la catégorisation selon le genre se manifeste au Cameroun.
Projet
Si le « sexe » concerne plutôt les aspects biologiques et physiologiques distinguant les hommes des femmes, le « genre » évoque les rôles, comportements, activités et attributs qu'une société considère appropriés pour les hommes et les femmes. Souvent, il implique une inéquité de santé et d’accès aux soins en défaveur des femmes. Qu’en est-il pour le VIH au Cameroun ? Pour répondre à cette question, Sophie Djetcha a effectué des enquêtes de terrain dans des hôpitaux et centres de soins de Yaoundé durant plusieurs mois de 2002 à 2009. Différentes techniques ont été utilisées : entretiens semi-directifs, observations de consultations, analyses de données…
Implication de la Fondation de France
19 800 € pour le financement de son allocation de recherche participant au financement de sa 4ème et dernière année de thèse.
Résultats
Dans les années 1990, les messages sanitaires véhiculaient l’image d’une femme naturellement plus encline à la prévention, notamment grâce à la maternité, et d’un homme coupable de l’introduction du virus dans le couple, voire la famille. Dix ans plus tard, ils ont évolué vers une représentation plus égalitaire qui envisage une responsabilité partagée dans la parenté en matière de dépistage.
Cependant, le stéréotype de l’homme « irresponsable » et de la femme « victime » demeure. Il trouve un écho chez les soignants qui considèrent les hommes « égoïstes » et moins rigoureux dans leur suivi. Cause ou conséquence, ceux-ci se mettent en retrait : ils se confient rarement à leur entourage, cachent leur traitement, taisent leur désarroi ou leurs symptômes, rejettent l’autorité médicale pour éviter des a priori sur leur sexualité.
Il apparaît aujourd’hui pertinent de redéfinir les stratégies mises en oeuvre vers les hommes. En effet, les hommes interrogés se heurtent à une stigmatisation sociale difficile à supporter lorsque l’entourage les perçoit comme infectés. Les femmes rencontrées, veuves ou pauvres, subissent le même sort. Sophie Djetcha a d’ores et déjà eu plusieurs fois l’occasion de communiquer les résultats de sa recherche lors de conférences en Afrique et en France.
Projet soutenu
Le genre dans le traitement social et médical du VIH/Sida




