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Les mystères des hormones oestrogènes


© Hamid Hazmoun

Avant la ménopause, les femmes sont moins sujettes que les hommes aux accidents cardiovasculaires tels que les infarctus. Les scientifiques estiment que les oestrogènes, sécrétées naturellement avant la ménopause, contribuent à les protéger. De plus, il est démontré que chez l’animal, l’administration d’oestrogènes prévient l’athérosclérose. Cet épaississement de la paroi des vaisseaux par des dépôts de graisse appelés athéromes, représente la principale cause des accidents cardiovasculaires.

Pourtant, une étude récemment menée aux Etats-Unis, la Women Health Initiative, a semé le doute dans les esprits : elle a conclu que les oestrogènes ne protégeaient pas les femmes des maladies cardio-vasculaires, contrairement à ce que l’on pensait depuis longtemps.
Qu’en est-il ?

Depuis 15 ans, l’équipe animée par Jean-François Arnal étudie chez la souris la formation des dépôts de graisse sur les vaisseaux. Elle a notamment montré qu’un traitement par les oestrogènes prévient le développement de l’athérome et cherché à comprendre les mécanismes de cette protection. Elle a mis en évidence que les oestrogènes protégent les vaisseaux de l'infiltration de lipides et de cellules inflammatoires en activant leur récepteur au niveau de l’endothélium, la couche cellulaire à l’interface du sang et de la paroi artérielle.

Il apparaît aujourd’hui que l’étude Women Health Initiative ayant été menée chez des femmes âgées et ménopausées depuis plusieurs années, ne permettait pas de conclure sur l’impact des oestrogènes sur les maladies cardiovasculaires. L’équipe de Jean-François Arnal mène ainsi en parallèle des recherches sur des femmes tout juste ménopausées, afin d’étudier les effets des oestrogènes sur les cellules immunitaires qui circulent dans les vaisseaux et qui contribuent aux défenses de l’organisme contre les infections, mais aussi à la constitution de l’athérome…

Mettre au point des molécules dérivées des oestrogènes, aux effets bénéfiques mais avec le est
l’ambition finale de l’équipe de Jean-François Arnal. De fait, il est possible de « découpler » les actions positives et négatives des oestrogènes. Deux médicaments hormonaux existants prouvent la faisabilité de la démarche : ils présentent les effets bénéfiques habituels des oestrogènes sur les os mais n’augmentent pas le risque de cancer du sein : au contraire, ils préviennent la maladie. Ils ne confèrent cependant pas de protection cardiovasculaire. L’équipe devra donc, au préalable, comprendre comment fonctionne le récepteur des oestrogènes en « disséquant » ses différentes fonctions grâce à des modèles animaux génétiquement modifiés.


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