De l’infarctus à l’insuffisance cardiaque : comment mesurer les risques de complication ?


Recherche médicale sur les maladies cardiovasculaires

Lorsqu’une artère coronaire se bouche, la zone du muscle cardiaque (myocarde) située en aval n’est plus irriguée. Les cellules qui la composent meurent : c’est l’infarctus du myocarde. Ce tissu se cicatrise ensuite mais ses capacités de contraction sont dès lors fortement altérées.

Durant les mois qui suivent, le ventricule gauche peut se dilater progressivement. Ce ‘remodelage’ empêche le ventricule gauche, responsable du travail de « pompe » du coeur, de fonctionner correctement. Il représente une complication redoutable de l’infarctus car il peut conduire à une insuffisance cardiaque.

Cette maladie invalidante nécessite des traitements lourds et entraîne de fréquentes hospitalisations. Le risque de décès est très élevé. Repérer le plus rapidement possible les patients susceptibles de présenter un remodelage du ventricule gauche permettrait d’instaurer un traitement préventif.

Une étude pour mettre en place un test

Christophe Bauters et son équipe « Cardiomyopathies et Insuffisance Cardiaque » du service du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Lille s’est associé à l’unité 744 de l’institut Pasteur de Lille pour chercher un moyen de prédire le remodelage cardiaque par le biais d’analyses de sang. Pour cela, il est nécessaire de connaître les modifications biochimiques qui lui sont typiquement associées. Certaines ont d’ores et déjà été découvertes, notamment, les protéines ‘marquant’ la fibrose menant à la cicatrisation de la zone du myocarde atteint.

L’étude que Christophe Bauters a mise en place implique 260 patients, malades et non malades, dans plusieurs centres hospitaliers de la région Nord-Pas de Calais. La fonction cardiaque est étudiée par échographie et leur sang analysé et comparé grâce à une nouvelle technique d’analyse ‘protéomique’. Celle-ci permet d’étudier l’ensemble des protéines exprimées lors du remodelage ventriculaire gauche et de mieux comprendre leurs processus biologiques. Christophe Bauters espère découvrir des marqueurs encore inconnus et déterminer de manière complète la nature et la quantité des protéines exprimées durant ce phénomène.Il sera alors possible de mettre au point un test destiné à mesurer le risque de remodelage cardiaque, donc d’insuffisance cardiaque, des personnes venant de subir un infarctus.


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