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Parkinson : les premiers pas d’une nouvelle thérapie cellulaire
Vers le traitement de la maladie par greffe neuronale
Contexte
La maladie de Parkinson est une affection neurologique dégénérative chronique. Elle est due à la destruction de certains neurones d’une zone cérébrale appelée substance noire. Or, ces neurones sécrètent la dopamine, un neurotransmetteur qui régule la motricité. La maladie entraîne ainsi un ralentissement des mouvements, une rigidité musculaire et des tremblements. Les médicaments aujourd’hui proposés aux patients ont pour inconvénient de devenir moins efficaces avec le temps et induire d’importants effets secondaires… Depuis quelques années, une piste de thérapie cellulaire, visant à rétablir les niveaux de dopamine manquant, est explorée. Elle consiste à transplanter des cellules embryonnaires dans le striatum. Dans cette zone du cerveau, les neurones qui synthétisent la dopamine, dits « dopaminergiques », projettent leurs fibres nerveuses. Néanmoins, les cellules greffées ne rétablissent pas les circuits endommagés et les niveaux de dopamine des patients ne sont que partiellement restaurés. De fait, la procédure de cette piste thérapeutique prometteuse, déjà tentée sur 400 patients dans le monde, donne des résultats inconstants : elle mérite d’être améliorée.
Projet
Mohamed Jaber et son équipe se sont engagés à contribuer à améliorer les résultats de ce type de thérapie cellulaire. Le projet se base sur les premiers résultats encourageants de travaux précédents réalisés sur l’animal. En effet, des cellules embryonnaires de cortex greffées sur un cortex endommagé sont capables de produire des fibres nerveuses vers les zones ciblées du cerveau… mais aussi dans la moelle épinière ! Mohamed Jaber a souhaité explorer la possibilité de rétablir les circuits neuronaux entre la substance noire et le striatum par des transplantations effectuées directement dans la substance noire. Pour cela, les chercheurs travaillent sur des souris transgéniques sécrétant une protéine fluorescente ; ainsi, ils peuvent suivre précisément le comportement du greffon dans l’organisme.
Implication de la Fondation de France
210 000€ pour 4 ans
Résultats
L’équipe a publié en 2009 ses premiers résultats dans la revue Neurobiology of Disease. Ils mettent en évidence la capacité des cellules greffées sur la souris à se transformer effectivement en neurones dopaminergiques - du même type que ceux de la substance noire ! Ils ont également montré que le circuit entre la substance noire et le striatum peut se « réparer », que le niveau de dopamine augmente dans le striatum et que la motricité s’améliore. Ces données observées sur la souris permettent d’espérer une possibilité de restaurer les circuits neuronaux de personnes souffrant de la maladie de Parkinson, et non plus seulement leurs niveaux de dopamine manquants.
Intitulé du projet
Thérapie par greffe de cellules embryonnaires au sein de la substance noire : résultats préliminaires, projets et perspectives 2006
Equipe soutenue
« Physiologie des troubles addictifs et neurodégénératifs »
UMR CNRS 6187
Institut de Physiologie et biologie Cellulaires, Poitiers




