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Donner envie d’apprendre


Des élèves en rupture scolaire découvrent le sens du savoir

Contexte

©Frédéric Albert

Le collège aujourd’hui n’est plus synonyme d’égalité des chances pour tous. Pour certains élèves, et plus particulièrement ceux issus de familles défavorisées, le collège ne parvient plus à remplir son rôle d’apprentissage d’un socle commun de connaissances nécessaires à l’insertion professionnelle. C’est souvent à cette période de leur parcours scolaire que les élèves les plus fragiles décrochent et deviennent réfractaires à l’apprentissage. Une situation d’échec scolaire dévalorisante et déstabilisante qui peut engendrer des comportements violents.

Projet

Le projet s’appuie sur le dispositif des classes relais créés en 1998. La classe relais rattachée au collège Las Cazes à Montpellier accueille une dizaine d’élèves décrocheurs pendant une session de cinq semaines renouvelables. Les élèves reçus cumulent difficultés familiales, sociales, économiques et culturelles. La plupart expriment leur mal-être par des comportements agressifs. Frédérique Landoeuer, enseignante au collège et directrice du projet a imaginé un programme pédagogique axé sur les origines de l’homme et sa place dans le monde. Grâce à l’étude de la science, la mythologie, la philosophie, elle amène les élèves à réfléchir et à parler d’eux-mêmes. « Les sujets d’étude posent des questions existentielles fortes qui font écho à leur intimité et à leurs interrogations. Ils trouvent dans ces savoirs qui ont du sens une issue à leur souffrance. » L’enseignante fait régulièrement appel à des intervenants extérieurs (comédiens, scientifiques, philosophes) qui, chacun à leur manière, en apportant des réponses à la compréhension du monde, réconcilient les élèves avec le savoir.

Implication de la Fondation de France

La classe relais bénéficie du soutien de la Fondation de France à hauteur de 2650 euros pour financer les déplacements des intervenants.

Résultats

Si les résultats obtenus grâce à cet enseignement transdisciplinaire ne sont pas quantifiables, l’enseignante observe un réel changement
de comportement chez les élèves pris en charge. « Au collège, la seule échelle de valeur, ce sont les notes. Les adolescents en situation d’échec scolaire se dévalorisent, ils se renferment sur eux-mêmes. Cette approche différente du savoir leur permet de trouver des repères et des valeurs. Elle renforce ainsi leur sentiment de sécurité intérieur, leur redonne une dignité. Les élèves prennent aussi conscience que la parole permet de dépasser la violence.» En parallèle, l’enseignante rattrape les bases du programme scolaire classique, ce qui permet aux élèves de reprendre contact avec le programme et de réintégrer leur classe d’origine.

 

Albert Jacquard, célèbre philosophe scientifique est intervenu deux fois dans la classe relais: « Ces élèves réputés difficiles sont tout aussi capables de se passionner pour les sciences. Il faut arriver à les intéresser. Ils comprennent alors que l’intelligence humaine permet d’expliquer pourquoi les pommes tombent et la planète tourne. Ils s’aperçoivent que des concepts comme la gravitation ont des conséquences multiples dans leur quotidien et leur compréhension du monde. Ce sont des élèves qui d’habitude ne voient pas l’intérêt de ce qu’on leur enseigne. Ce qu’il faut, c’est leur donner le désir de comprendre. »


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