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L’agroécologie en pratique
Au Mali, l’apprentissage de techniques alternatives renforce la filière horticole
Contexte
L’horticulture connaît depuis 20 ans un essor important dans la région de Kayes au Mali où elle occupe plus de 80% des femmes actives habitant près d’un point d’eau. Mais la crise alimentaire mondiale de 2008 a provoqué une hausse exceptionnelle du coût des intrants chimiques, entraînant une baisse des revenus des producteurs locaux. C’est pourquoi le Réseau régional des horticulteurs de Kayes (RHK) regroupant 70 organisations, a souhaité valoriser les intrants biologiques locaux, renouant ainsi avec des pratiques durables et respectueuses de l’environnement de l’agriculture familiale.
Projet
Ce projet vise à former les maraîchers et arboriculteurs aux techniques agro-écologiques tout en développant leur production, leur capacité financière et leur poids auprès des pouvoirs publics. Les formations organisées ont pour but de faire évoluer les méthodes, développer la production et la vente d’engrais, de semences et de produits de phyto-protection. Un système de certification et une unité de conditionnement des semences doivent être mis en place. De plus, une étude commerciale est lancée sur les filières banane et oignon/échalote en raison de leur fort potentiel de développement. Un accès au marché de Kayes sera négocié auprès des autorités.
Ce dispositif complet participe à une meilleure prise en compte de l’environnement en diminuant l’utilisation des intrants chimiques, mais contribue aussi à la sécurité alimentaire du pays en renforçant la production locale. Particulièrement concernées, les femmes peuvent ainsi développer leur activité et assurer leur indépendance.
Implication de la Fondation de France
La Fondation de France a accordé un soutien de 14 784 euros en 2009 et 15 000 euros en 2010 à ce projet mené en lien avec le Groupe de recherche et de Réalisations pour le Développement rural.
Résultats
Fin 2009, 161 producteurs, en grande majorité des femmes, et 13 techniciens ont suivi une formation en agro-écologie tropicale. 13 producteurs de semences se sont ensuite rendus pour un voyage d’étude dans une station de recherche agronomique spécialisée. Puis, 112 nouvelles personnes ont suivi les formations dispensées par les producteurs initiés en premier lieu. En 2010-2011, une baisse de 34% des commandes d’engrais chimiques a été constatée. 121 kg de semences d’oignon de violet de Galmi, ont d’ores et déjà été acheminés pour certification. Enfin, le partenariat entre les élus, les services techniques de l’Etat, la recherche agronomique et le RHK assure la viabilité du projet.
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Pour Sanogo Diakite, productrice horticole à Sébékoro, « l’utilisation des intrants biologiques naturels m’a permis d’améliorer ma productivité et ma production avec 23 Kg par planche de 10 m2 d’oignon contre moins de 20 Kg avant. Aussi de moins dépenser pour l’achat d’engrais et de produits chimiques. Avec une utilisation plus régulière de pesticides biologiques à base de neem (chaque quinzaine environ), j’arrive à contrôler la pullulation des ravageurs en dépensant peu d’argent par rapport aux produits chimiques de synthèse. » |
Organisme soutenu
Réseau régional des horticulteurs de Kayes (RHK) Mali




