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Oui, il faut continuer de donner pour Haïti
09 Février 2010 - Fondation de France
Le tremblement de terre survenu en Haïti est une des catastrophes majeures de ces dernières années. Les conséquences sont immenses par l’ampleur des destructions et des dégâts humains. Selon l’ONU : plus de 150 000 morts, près de 200 000 blessés, 1 million de sans-abris et une population traumatisée qui portera longtemps les séquelles de cet évènement. Ces chiffres montrent l’ampleur de la tâche à engager, d’autant plus complexe qu’elle se situe dans un Etat dont les structures administratives déjà faibles ont été aussi touchées.
Secourir tout en s’engageant dans la reconstruction
Il faut poursuivre les soins médicaux, fournir l’eau et la nourriture, assurer l’hygiène, monter des abris pour les très nombreux déplacés qui, pour nombre d’entre eux, sont installés dans des camps de toiles. Ces abris ne sont que temporaires, mais déjà se profile, dans quelques mois, la période des cyclones qui va compliquer la tâche.
Les enjeux sont multiples : répondre à l’urgence, apporter le nécessaire pour une période transitoire, tout en s’engageant dans la reconstruction qui sera obligatoirement longue. Cette reconstruction n’est pas seulement une question de bâtiments, même s’il faudra rebâtir des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, des orphelinats et des maisons ; elle est aussi une aide psychologique, une aide à la reprise économique -avec de la formation pour aider les personnes à trouver des emplois-, un soutien à l’agriculture. Ce catalogue non exhaustif montre la complexité à laquelle ont et auront à faire face les intervenants de tous pays, qu’ils soient Etats, organisations internationales, ONG et bien sur les autorités et acteurs locaux.
Oui, il faut continuer de donner pour Haïti
Nous voyons bien que des fonds importants sont nécessaires et qu’il ne faut pas arrêter de donner pour Haïti, mais il faut s’inscrire dans l’idée que l’argent donné maintenant ne sera dépensé que progressivement, en fonction des chantiers énumérés plus haut et des secteurs d’intervention. Les sommes recueillies aujourd’hui représentent en France environ 50M€ et atteindront probablement moins de 80M€, alors que pour le tsunami elles avaient été d’environ 300M€.
Lors du tsunami, un doute était apparu sur l’utilisation des dons face à leur importance, laissant la place à de nombreuses questions, dont les réponses étaient alors inaudibles, car le concept de reconstruction était mal connu à l’époque. Avec le recul, on peut voir que les fonds ont été utilisés en quatre à cinq ans. Par exemple, la Fondation de France a dépensé les 22 millions du produit de la collecte en quatre ans, permettant de redonner des conditions de vie normale à des milliers de personnes.
Transparence et contrôles
Poursuivre l’envoi de dons reste nécessaire, mais tout doute sur l’utilisation des fonds doit être levé. Les donateurs doivent savoir que des contrôles existent en interne dans les organisations, mais aussi en externe par les commissaires aux comptes, le Comité de la Charte du don en confiance pour les adhérents à ce comité, et par la Cour des Comptes ou l’IGAS. Depuis des années, un effort collectif de transparence a été réalisé dans le monde des associations et fondations, afin d’éviter les dérives et scandales. Chacun, avant de s’engager, doit pouvoir trouver, sur les sites internet, les informations nécessaires sur les organisations qu’il veut soutenir, et pour Haïti, suivre les comptes-rendus sur l’avancée des projets.
Francis Charhon
Directeur général
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